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Tracker : la renaissance

Tracker

Tracker est un moteur de recherche local pour votre ordinateur. Il permet d’effectuer des recherches de fichiers, mais aussi dans les fichiers eux même ou encore dans votre courrier électronique.

Ce projet est assez vieux, on parlait de sont inclusion dans le projet Gnome il y à quelques années déjà. Mais à cause de mauvaises performances et d’un développement lent il n’a jamais vraiment pu s’imposer sur le bureau Gnome.

Aujourd’hui c’est d’ailleurs un véritable manque, car aucun réel moteur de recherche n’est implémenté dans Gnome, alors que ce genre de fonctionnalités est maintenant standards ( que ce soit sous KDE, sous Windows Seven ou OSX ).

L’année 2009 à marqué toutefois un réveil du projet, on est ainsi passé de la version 0.5 à 0.7 en un peu plus d’un an et les premiers développements de la nouvelle version 0.8 devraient arriver en 2010.

3 Générations de moteurs de recherches

Pour mieux comprendre la suite de l’article, on va s’arrêter un peu sur les différents types de moteurs de recherches disponibles. Techniquement on peu diviser ces moteurs en 3 générations :

- La première génération ( qui correspond au petit moteur de recherche de fichiers de Gnome ), est un moteur de recherche simple, qui va aller chercher un fichier selon son nom, son type ou sa date de modification. Vous tapez « lenomdemonfichier », Et il s’en va le chercher sur votre ordinateur. Dans le meilleur des cas, il est doté d’un cache pour offrir un temps de réponse plus rapide.

Le gros inconvénient de cette première génération, c’est qu’elle est extrêmement limitée. Vous ne pouvez chercher que par le nom du fichier ou son extension. Et si vous ne vous rappelez pas du nom du fichier ou que vous tapez un nom légèrement erroné, vous n’aurez surement aucun résultat pertinent.

De fait ces moteurs de recherches sont peu utilisés. Et on préférera souvent avoir une bonne organisation de l’arborescence des répertoires pour éviter de perdre nos fichiers.

- La seconde génération de moteur de recherche s’est donc attachée à proposer un résultat de recherche un peu plus efficace. Ici il est question de reprendre les fonctionnalités du moteur de 1ere génération, mais en plus de lui permettre d’aller chercher le contenu des informations de chaque fichier ( lorsque c’est pertinent ). Le gros avantage c’est que la recherche devient un peu plus précise. Vous pouvez par exemple facilement retrouver un document texte sur un thème précis, en tapant un mot contenu dans ce document.

Tracker dans sa version stable 0.6.X fait parti des moteurs de seconde génération. Mais la encore la recherche reste peu utile, car le moteur de recherche ne pourra parcourir que le contenu de fichiers lisibles ( documents textes principalement ). Si vous souhaitez chercher d’autres types de documents, comme des images ou des vidéos, vous vous retrouvez donc avec le même problème que le moteur de première génération.

- C’est ici qu’intervient le moteur de recherche de 3éme génération, qui s’appuie sur le bureau sémantique. Le bureau sémantique consiste à construire un réseau d’informations sur l’ensemble des éléments du bureau; que ce soit les médias, les documents, les applications ou tout autre élément pertinent composant l’ordinateur ou son réseau. Pour chaque élément on va garder en base de donnée des informations pertinentes sur son contenu ( par exemple pour une photo l’auteur de la photo, la date de prise, le lieu, la définition… ). Il sera en plus possible d’associer des tags pour chaque élément ( exemple : photos de vacances ), permettant ainsi de regrouper les fichiers sans prendre en compte l’arborescence.

Enfin, pour rendre le système encore plus intelligent,le système créé des liens entre les différents éléments du bureau. Par exemple votre ami « Paul » vous envoie les photos de vacances que vous avez passés ensemble. Vous les stockez dans un répertoire. Puis quelques jours plus tard vous souhaitez les voir de nouveau. Il vous suffit de chercher « Paul » dans le moteur pour retrouver les fichiers qu’il vous a envoyé. Vous ajoutez le tag « Photo de vacances » et elles se retrouveront dans votre gestionnaire de photos dans la bonne catégorie ( si ce dernier supporte Tracker) .

Tracker 0.7 : le renouveau… expérimental.

Pendant l’année 2009, l’équipe de Tracker à décidé, de refondre totalement le projet. L’objectif est de créer un moteur interne performant, standardisé et facile d’utilisation.

Pour ce faire le projet c’est logiquement orienté vers des standards reconnus.

En premier SPARQL, qui est le langage utilisé pour effectuer des requêtes a la base de donnée de Tracker. SPARQL est un standard défini par la W3C, une des briques du futur web sémantique. Il est officiellement devenu une recommandation en janvier 2008 et permet d’effectuer des requêtes intelligentes en relation avec des documents,images, etc.

La seconde technologie qui fait son entrée dans Tracker s’appel NEPOMUK pour « Networked Environment for Personalized, Ontology-based Management of Unified Knowledge » ou en français : Environnement réseau pour une gestion ontologique personnalisée de la connaissance unifiée.
C’est ni plus ni moins que le standard défini par un projet Européen pour le bureau sémantique que l’on à vu plus haut.

C’est donc avec la version 0.7.X que ces fonctionnalités ont commencés à faire leurs apparitions. De sorte qu’aujourd’hui Tracker propose un moteur de recherche sémantique « simple ». Il manque encore en effet un certain nombre d’éléments comme les liens entre élément, ou plus simplement une meilleure intégration.

Enfin un dernier élément à prendre en compte dans Tracker, s’appel le « mineur ». Ce sont des modules qui viennent s’ajouter au moteur principal et qui vont avoir pour rôle d’aller chercher les informations sur des éléments spécifiques. Pour l’instant Tracker dispose de 3 type de « mineur » :
- Mineur de fichier, qui va aller chercher la liste des fichiers présents dans votre répertoire personnel et va en extraire le contenu.
- Mineur d’applications, qui récupère le nom et les descriptions des applications présentes sur votre ordinateur
- Le mineur de courrier électronique qui va aller chercher les courrier électronique et leur contenu dans Evolution.

Tracker 0.8 : première version stable

Avec la version 0.8, qui sera la prochaine version stable du moteur et qui devrait officiellement arriver mi 2010, on devrait voir arriver de nouvelles fonctionnalités, notamment de nouveaux mineurs :
- Le mineur rss : qui, comme son nom l’indique, permettra d’aller chercher dans le contenu Rss
- Le mineur internet : qui permettra de garder les informations sur les pages visités et de les retrouver facilement
- D’autres mineurs liéés aux services en lignes (Réseaux sociaux, documents en ligne, etc…)

Enfin le système devrait être encore optimisé vers une meilleure prise en compte des standards de bureau sémantique. Cette version est d’autant plus importante qu’elle pourrait être incluse dans Gnome comme projet officiel. La version 0.7 n’a été accepté qu’a titre de dépendance externe dans gnome 2.30. En cause, l’absence d’une version stable moderne, et le manque de maturité du projet.

Enfin l’équipe de Tracker travail en étroite collaboration avec l’équipe de Zeitgeist. Ce dernier projet permet de garder une trace des actions effectués par l’utilisateur dans le temps, sur les fichiers ou les applications.

Quelques liens :

- Site du projet
- Site du projet sur Gnome
- Blog d’un des développeurs

Gnome Boston Summit 2009

Gnome

Un nouveau meeting réunissant les membres de Gnome à Boston vient de s’achever. A cette occasion, la blogoshpère en ébullition à laissé transparaitre le déroulement de cet événement. L’équipe d’e-node en profite donc pour réaliser une petite synthèse et vous révéler quelques informations intéressantes.

GTK 3

La nouvelle API de gestion graphique du bureau commence (ndr. enfin !!!) à faire parler d’elle. Les développeurs viennent d’officialiser la nouvelle branche de développement de GTK 3, qui se différencie de ses prédécesseurs par l’absence des bibliothèques GTK dépréciées. Lors de cette rencontre à Boston, un des responsables du projet à eu l’occasion de discuter des défis à venir.

Il est ici question des bases de l’API (et non des détails).

La nouvelle bibliothèque XInput2, développée par l’équipe du serveur graphique, va intégrer GTK 3. Elle lie le serveur graphique à GTK et a pour particularité de gérer le multi-pointage (le multi-touche), offrant ainsi une réelle possibilité d’évolution dans le support des périphériques.

Pour les développeurs, la difficulté se situe alors au niveau de l’incompatibilité d’Xinput2 avec XInput1 (déjà implémenté dans GTK+). Elle implique un gros travail de réécriture pour l’intégrer à GTK, sans gâter les librairies associées. Cette évolution est d’autant plus importante que la première version stable de la bibliothèque XInput2 vient de sortir et qu’elle est officiellement intégrée à X.org depuis la version 1.7.

Une autre avancée considérable — qui devrait être prochainement intégrée à GTK 3 : la gestion et la personnalisation du thème graphique par l’utilisateur et les programmes. Un gros travail est en cours pour offrir une API plus flexible, qui permettra d’intégrer nativement — par exemple — des onglets du type de Google Chrome. Ce travail de rénovation se fait en coopération avec Trolltech (qui développe QT) afin d’offrir une meilleure compatibilité entre les deux gestionnaires graphiques.

Enfin, le dernier sujet important évoqué concernait la possibilité d’intégrer Clutter dans GTK afin de supporter des animations plus poussées.

C’est une bonne nouvelle de voir que le projet GTK 3 avance sérieusement. En effet, alors que le nouveau projet de Gnome 3 est très actif depuis plus d’un an maintenant, l’équipe de GTK n’avait que peu communiqué sur le passage à GTK 3. C’est maintenant chose faite et nous suivrons les évolutions avec intérêt.

Clutter 1.2

Clutter continue de se développer rapidement et se prépare à passer en version 1.2. À ce propos, de nombreux sujets de discussion ont été abordés :

  • l’amélioration des performances générales et la qualité du rendu Open GL.
  • l’intégration de nouvelles fonctionnalités pour les développeurs.
  • l’assimilation par GTK 3.

Nous ne rentrerons pas dans les détails, mais Clutter fait partie des éléments les plus mature du futur Gnome 3 …

Kit d’enregistrement

Une petite équipe a présenté un nouveau système d’enregistrement permettant d’analyser les réactions et le comportement des utilisateurs face à une interface graphique. Ce système enregistre en parallèle 4 flux vidéos différents — via Gstreamer — dont les résultats peuvent être, à postériori, analysés en détail.

Ce travail entre dans le cadre de recherches visant à améliorer l’expérience utilisateur.

Cette équipe — conduite par Novell — pourrait déboucher à terme sur la constitution d’un laboratoire spécifique à l’usabilité, géré par le projet Gnome.

Présentation du travail réalisé sur Gnome-Shell

Jon McCann à de nouveau présenté Gnome-Shell, un an après sa première intervention, donnant l’occasion de se rendre compte du travail réalisé.
De plus, une bonne nouvelle est venue du côté de Red-Hat qui à décidé de s’impliquer à plein temps dans le projet, ce qui devrait encore accélérer son développement.

Pour le reste, la présentation des détails de Gnome Shell à permis d’aborder la refonte de l’interface.

Deux éléments intéressants sont ressortis des discussions :

  • La réflexion autours du nouveau système de notification avancé, qui devrait mieux intégrer le flux d’information au bureau et éviter de noyer l’utilisateur. Il devrait s’appuyer en partie sur l’API (notify-OSD) développée par Canonical.
  • La création d’une nouvelle interface de gestion des contacts. L’idée est, tout en s’inspirant du travail effectué sur Empathy, de changer la façon d’interagir avec ses contacts. Ainsi les contacts ne dépendraient plus d’une application (Evolution, Empathy, …), mais à l’inverse les applications utilisées dépendraient de l’action que l’on souhaite effectuer avec un contact : parler, appeler, envoyer un fichier, envoyer un email, jouer, etc…

Autre intervention sur le sujet — mais sur un autre point technique : l’intégration de solutions orientées Internet, avec l’utilisation avancée de Webkit, Javascript et CSS.

L’idée n’est pas de développer des applications complexes via ces langages, mais de faciliter la création de petites applications et leur interaction avec l’environnement. C’est aussi un bon moyen d’amener les nombreux développeurs web à s’essayer à la création de widgets ou de fonctionnalités pour Gnome-Shell. A l’heure ou la barrière s’estompe rapidement entre les applications Web et les applications de bureau, cette solution parait pragmatique.

Géolocalisation

Après l’expérience utilisateur et l’intégration des réseaux sociaux, un autre des fils conducteurs du futur de Gnome concerne la géolocalisation. Ce thème à beaucoup avancé avec l’arrivée de la bibliothèque Geoclue et de l’interface GTK Libchamplain. Ce système — associé aux donnée libres fournies par Open Street Map — permet aujourd’hui d’offrir des résultats spectaculaires !

Pierre-Luc Beaudoin était chargé de présenter les évolutions du bureau dans ce domaine. Il en a profité pour présenter son projet Emerillion, qui utilise les dernières technologies du monde libre pour offrir un gestionnaire de carte avancé. Le résultat est saisissant et son intégration à Gnome est envisagée.

Cette réunion était aussi l’occasion de démontrer l’efficacité des cartes Open Street Map, qui offrent bien souvent des résultats supérieurs aux cartes propriétaires.

Ainsi, de nombreux sujets ont été évoqués sur l’utilisation de la géolocalisation, que ce soit au niveau des réseaux sociaux ou du monde professionnel …

Gnome Object Introspection

Autre élément central de l’évolution de Gnome, GObject Introspection (GOI pour les intimes) continue son petit bonhomme de chemin. Actuellement, environ 85% des objectifs ont été atteints pour offrir une API opérationnelle.

Pour rappel, GOI est un framework de développement, permettant de créer des programmes avec différents langages tels que Python, C++, Java ou encore Javascript. Le code est ensuite convertit en code C, beaucoup plus efficace mais plus difficile à maîtriser. Une manière de garder un environnement cohérent autour du C, tout en permettant à de nombreux développeurs de travailler facilement sur le projet.

Telepathy

Telepathy — le framework de communication utilisé par Empathy — a fait l’objet de multiples réunions. Ce fut l’occasion de faire le point sur les différentes technologies employées dans ce framework et de soulever les problèmes liés au manque de coordination.

  • MC5 (Mission Control 5) est une librairie développée par Nokia intégrée à Telepathy. Elle permet de simplifier le développement des applications de communication, sans avoir à se préoccuper dans le détail de leur fonctionnement. Cette bibliothèque pose actuellement quelques soucis aux développeurs car de gros changements ont eu lieu entre MC4 actuellement utilisé et MC5, rendant son fonctionnement peu adapté aux besoins des développeurs de Telepathy.
  • Niveau stabilité et sécurité, Empathy et Telepathy se basent sur certaines bibliothèques dépréciées de Gnome. Les développeurs souhaitent donc s’orienter vers la suppression de ces vieilles librairies, ce qui devrait permettre d’intégrer de nouvelles fonctionnalités : visio-conférence à plusieurs, système d’authentification, utilisation de certificats, meilleure gestion des chats, meilleure gestion du statut hors-ligne.
  • OTR (Off-the-Record Messaging) est un protocole de cryptographie qui devrait être intégré, à terme, dans Telepathy.
  • Les tubes qui permettent de se connecter de manière simple et rapide à des services et logiciels entre différents utilisateurs, via les protocoles de messagerie. Cela ouvre de nombreuses possibilités, les applications pouvant communiquer entre elle facilement ; par exemple pour faire du travail collaboratif ou encore accéder à distance à un ordinateur.

Voici donc les quelques éléments qui ont retenus notre attention et qui semblent promettre pleins de bonnes choses ‑ ainsi que beaucoup de travail pour les équipes de développeurs … Le projet Gnome à retrouvé une dynamique forte et GTK paraît repartir sur de nouvelles bases prometteuses.

Il reste toutefois beaucoup de travail et un sortie de Gnome 3 en avril 2010 paraît peu réaliste. On peut donc raisonnablement penser que les grands changements n’interviendront pas avant octobre 2010, voire avril 2011.
Pressentiment qui semble être confirmé par l’équipe de Gnome, qui souhaite continuer le cycle Gnome 2.x jusqu’à la disponibilité d’une versions stable et fiable de Gnome 3 …

Le voie vers Gnome 3.0

Cet article est une traduction de « Auf dem Weg zu Gnome 3.0 », écrit par Alexandra Kleijn le 18 septembre 2009 et disponible en version originale sur le site Web heise online.

Entretien avec Vincent Untz, responsable de parution de Gnome

Vincent UntzLa version 2.28 de l’environnement de bureau libre Gnome, doit conduire à sa prochaine édition majeure : la version 3.0, qui sortira — si tout se passe bien — au printemps 2010. heise open a eu l’occasion de discuter avec Vincent Untz, responsable de parution de Gnome.

Heise open : Vincent, quel est votre rôle dans le projet Gnome ?

Vincent Untz : Depuis que j’ai rejoint Gnome, je me suis intéressé à divers aspects de ce projet. J’ai commencé par du déboguage et du développement. C’est ainsi que je devins responsable de certains modules de l’environnement Gnome (pas toujours activement, malheureusement, car c’est un travail assez fastidieux). Actuellement, je suis le responsable de l’équipe de parution de Gnome. Je suis également président de la fondation Gnome, ce qui signifie tout simplement que j’y préside le conseil d’administration, mais c’est plus classe de dire que je suis le Président. (ndt dans la version originale, Vincent Untz fait ici un jeu de mot sur sa fonction, malheureusement intraduisible en français …)

L’équipe de parution du projet Gnome s’assure que la partie technique avance sûrement et efficacement et que les nouvelles versions sortent à temps, tout en préservant le niveau de qualité attendu par le public.

La fondation Gnome est une organisation à but non lucratif qui soutient le projet.

heise Open : Avec la version 3.0 — attendue par de nombreuses personnes, une nouvelle ère se dessine pour Gnome. L’expérience utilisateur, un des domaines les plus importants, connaîtra certains changements. Le bureau Gnome actuel est, tant par son apparence que par son usage, très traditionnel. Comment comptez vous changer la vision de l’utilisateur avec de Gnome 3 ?

Vincent Untz : Je n’irais pas jusqu’à dire que le changement était attendu depuis longtemps. Gnome — dans sa forme actuelle — n’est pas parfait, mais nos utilisateurs sont satisfais du fonctionnement de ce bureau, qui n’a cessé de s’améliorer au fil des années. Si on compare Gnome 2.0 à Gnome 2.26 ou Gnome 2.28, on observe des différences énormes. Entre-temps, il y a eu énormément d’évolutions technologiques, rappelez-vous l’avant HAL et DeviceKit …

Cela dit, il est vrai que l’expérience utilisateur de Gnome n’a pas fondamentalement évoluée au cours du cycle des 2.x. Les panneaux, la méthode de lancement des applications et la gestion des fenêtres sont globalement inchangés. La communauté apprécie le travail que nous faisons. Nous avons acquis beaucoup d’expérience depuis Gnome 2.20, ceci nous permet d’améliorer Gnome, qui devient à même d’aider davantage de personnes à réaliser ce qu’elles souhaitent ; et ce que souhaitent les utilisateurs, ce n’est pas utiliser un environnement de bureau, mais ils veulent surfer sur le Web, lire leur courrier électronique, discuter avec des amis, écouter de la musique, écrire des lettres ou de créer des éléments divers et variés …

C’est ça notre but ! Nous voulons faire un environnement de bureau demandant moins d’attention, en le rendant plus intuitif et facile à utiliser, afin que l’utilisateur puisse se concentrer sur ce qui est important à ses yeux. Cela peut ressembler à un bête « Nous allons faire davantage, mieux et plus vite », mais nous sommes plutôt confiants quant aux réelles améliorations qu’apporteront les modifications de l’environnement, à l’instar — par exemple — du nouveau Shell.

Nous voulons aussi un bureau plus esthétique !


Une utilisation intuitive grâce à Gnome Shell et Zeitgeist

heise open : Comment Gnome Shell et Gnome Zeitgeist vont-ils changer la façon dont les gens travaillent sur leurs ordinateurs de bureau ?

Vincent Untz : Gnome Shell représente à lui seul un changement majeur par rapport à Gnome 2.x. Comme une coquille (ndt en anglais, coquille se dit shell ; Vincent Untz fait ici un nouveau jeu de mot) de l’environnement de bureau, il constitue la base de l’interface utilisateur. C’est là que commencent toutes vos activités, ou que vous en changez …


À première vue, un bureau basé sur Gnome Shell ne semble que légèrement différent. On retrouve un panneau en haut de l’écran, qui contient une zone de notification, une horloge, des informations sur les applications au premier plan, ainsi qu’un bouton Activités. Ce dernier bouton active une vue d’ensemble, où vous pouvez lancer une application, ouvrir un document, etc. ; c’est ce que nous appelons des activités.
Cette vue d’ensemble des activités permet d’atteindre un objectif : elle autorise l’utilisateur à réaliser ce qu’il souhaite. Le Shell assure un suivi des actions réalisées, facilitant et accélérant l’exécutions de nouvelles activités.

Le mode Aperçu assure la gestion des fenêtres ouvertes et des bureaux virtuels, directement dans Gnome Shell. Vous pouvez ouvrir sur le bureau de votre choix, des applications mais aussi des documents. Les espaces de travail permettent d’organiser contextuellement les fenêtres, bien que leur utilisation reste difficile à appréhender pour un novice — les nouveaux utilisateurs trouvent généralement ce concept compliqué. Nous espérons que cette fonctionnalité sera plus facile à comprendre et à utiliser avec l’ajout et la suppression dynamique des bureaux virtuels.

Un autre changement majeur réside dans le fait que Gnome Shell soit centré sur les applications, en opposition au système actuel basé sur les fenêtres. Tous les avantages de Gnome 3.0 ne seront pas forcément évidents, mais l’idée de base consiste à éviter de relancer une application déjà ouverte. Sont également présentées à l’utilisateur les actions en cours d’une application, il est donc facile — par exemple — de basculer d’un document à un autre, au sein d’un même programme.

Enfin, nous voulons rendre le système de notifications moins intrusif, de sorte qu’il ne distraie pas l’utilisateur de son occupation, tout en lui permettant d’y réagir plus facilement ; en offrant — par exemple — de répondre à un message instantané directement dans la notification.

Ce qui a motivé le projet Zeitgeist, c’est la difficulté actuelle de retrouver des documents spécifiques sur un ordinateur. Si le document est un fichier, au sein de l’ensemble du système de fichiers, il est nécessaire de se rappeler du chemin complet d’accès au dit document. Il est plus simple de rechercher par libellé, par date ou par rapport à un autre document (ex. au moment ou je travaillais sur ce tableau, j’écoutais ces balados …)

Zeitgeist est un projet en gestation, il est très difficile de trouver la bonne manière de présenter et de rechercher les informations qu’il stocke. Nous avons déjà un prototype qui fonctionne et certains travaillent déjà à l’intégration de ses fonctionnalités dans Gnome Shell.


La philosophie de Gnome: Ergonomie

heise open : Gnome est souvent critiqué pour son manque d’options de configuration. Sera-t-il plus facile à l’avenir de modifier la configuration du bureau, ou les utilisateur devront-ils continuer à utiliser gconf-editor et gconftool ?

Vincent Untz : Pour ce cas, je pense qu’il est important de préciser notre philosophie. Ce n’est pas que nous ne nous soucions pas des besoins ou des envies des utilisateurs. Au contraire ! Nous voulons que Gnome dispose des meilleures interfaces graphiques, mais il s’avère que proposer trop d’options a tendance à perturber l’utilisateur et n’entre donc pas dans nos objectifs.

GconfC’est pour cette raison que nous n’offrons pas de modifier tous les paramètres ; du moins pas dans l’interface utilisateur. Il est vrai que certaines options — sous-utilisées ou trop avancées — ne peuvent être modifiées que par gconf.

Notre philosophie à ce propos n’a pas changée. Cela ne veut pas dire que ces options doivent rester cachées à jamais. Je crois qu’un outil de configuration dédié à une modification facile de ces options a sa place. Il ne doit pas être bien difficile de développer un tel logiciel et je suis sûr qu’il serait accueilli avec beaucoup d’enthousiasme.

heise open : Gnome s’est toujours beaucoup concentré sur l’ergonomie et l’accessibilité. Pensez-vous que celles-ci seront victimes des nouvelles fonctionnalités de Gnome 3.0 ? Je pense à KDE 4.0, paru en janvier 2008, qui était impressionnant mais ne convenait pas à une utilisation en production.

Vincent Untz : Nous ne voulons pas que Gnome 3.0 sorte s’il n’est pas prêt. Toutes les versions de Gnome 2.x étaient stables et nous en somme fier. Nous ne voulons pas perdre cette réputation.

Nous voulons que Gnome 3.0 sorte en mars 2010, mais si ce n’est pas réalisable — pour les raisons sus-dites, nous ne voyons aucun problème à repousser l’échéance à septembre 2010. C’est une décision que nous prendrons en novembre, lorsque nous nous assureront d’être en bonne voie, via l’examen des modules. Si mars n’est pas réaliste, Gnome 3.0 sortira à l’automne.

Bien entendu, Gnome Shell modifiera beaucoup l’expérience utilisateur. Lors de changements aussi importants, il y a toujours des mécontents qui trouvent l’ancienne version de meilleure qualité. Cependant ce ne sera pas parce que la nouvelle version est mauvaise que ces gens seront mécontents, mais à cause de leurs habitudes (il pourrait y avoir de petites régressions ici et là, il y en a toujours avec le développement logiciel, mais une régression majeure serait disqualifiante pour cette version). Pour nous, rendre Gnome 3.0 si bon que les gens lâcheront leurs habitudes sans hésiter est un défi. Nous souhaitons aussi conserver quelque temps l’apparence de Gnome 2.x en option.

Je tiens aussi à souligner que les outils d’accessibilité sont en cours de réécriture. Ils seront basés sur D-bus, en lieu et place d’ORBit et seront donc utilisables dans d’autres environnement de bureau, en particulier KDE. C’est une mission importante et qui avance bien. Les testeurs sont les bienvenus !

heise open : A qui est destiné Gnome ? Pensez-vous que Gnome soit aussi bon pour les débutants que pour les habitués de Linux (ndt le terme exact étant GNU/Linux) ?

Vincent Untz : Je ne crois pas qu’il y ait de différence fondamentale entre un débutant et un utilisateur expérimenté. Ces deux catégories de personnes utilisent leur ordinateur pour exécuter des tâches spécifiques. Vous pouvez trouver des utilisateurs de Gnome heureux dans chez les débutants et chez les habitués.

Nous développons Gnome pour la majorité et nous le faisons en créant une interface intuitive et agréable contre laquelle ils n’ont pas à se battre. Gnome est flexible, ce qui explique qu’il s’adapte aussi bien à des tâches familiales, qu’à un travail de bureau. Le fait que nous visions la grande majorité des utilisateurs de Linux explique aussi pourquoi la régionalisation et l’accessibilité sont si importantes pour nous.

Bien entendu il y a des gens qui, pour diverses raisons, ne sont pas satisfais de Gnome. Ça n’est pas un problème : nous ne pouvons pas convenir à tout le monde et nous le comprenons. Heureusement, il y a d’autres environnements de bureau comme XFCE ou KDE, avec des aspects différents et des philosophies différentes. Ce sont de bonnes alternatives pour les personnes qui ne veulent pas utiliser Gnome.


Gnome et les miniportables (netbooks)

heise open : Gnome est il adapté aux petits écrans ? C’est l’avenir. Y-aura-t-il une détection automatique des petits écrans, de sorte que l’utilisateur n’ait même pas à modifier la taille des ses polices ?

Vincent Untz : C’est l’un des objectifs de Gnome Shell : nous voulons qu’il fonctionne aussi sur les petits écrans, sans qu’il y ait de gros changements à opérer.

Reprenons l’exemple des polices. Je ne pense pas qu’il y ait de solution d’auto-détection magique pour changer leur taille. En effet, de nombreux facteurs sont à prendre en compte. En dehors de la taille de l’écran, il faut considérer sa résolution, ainsi que les goûts et la perception de l’utilisateur. Un écran où tout est si petit qu’on peut à peine le lire n’est pas non plus agréable. Néanmoins, c’est un sujet sur lequel nous pourrions nous pencher à l’avenir.Icône du logiciel Cheese

Plus généralement, une équipe de Gnome travaille déjà pour adapter chacune des applications aux miniportables. Pour l’exemple, notre lecteur d’images Eye of Gnome et l’application dédiée aux webcams Cheese disposent en natif, dans Gnome 2.28, d’un mode pour les miniportables ; et même si ici-et-là il y a encore quelques défauts, nous sommes en bonne voie et Gnome fonctionne très bien sur les miniportables.

Heise open : Question inverse : comment Gnome tire-t-il parti des écrans plus larges ?

Vincent Untz : Je pense que Gnome fonctionne déjà très bien sur ce type d’écrans. Le problème principal vient de la maximisation des fenêtres, qui deviennent tout simplement trop grandes. Organiser les fenêtres en mosaïque peut être une solution ; il y a même des outils dédiés, comme WinWrangler qui effectue simplement ce type d’actions. Nous avons prévu d’implémenter ce genre de fonctionnalités dans Gnome Shell, mais ce n’est pas encore prêt, pour autant que je le sache.


Gnome et les mobiles

Heise open : Que devient Gnome Mobile ? Où trouve-t-il sa place parmi des projets tels que Moblin ou Android ?

Vincent Untz : Gnome Mobile se porte bien ! La plate-forme de Gnome sert à divers systèmes, non seulement sur des distributions de bureau Linux, mais aussi sur Maemo et Moblin, que ce soit avec des GPS ou du matériel médical. Gnome Mobile est déjà utilisé avec de nombreux produits, et le sera encore plus à l’avenir.

Gnome Mobile a deux visages :

  • C’est un forum (dans le sens lieu de débat et non forum Web) dans lequel les entreprises peuvent coopérer, alors qu’en dehors elle sont en compétition. Nous ne l’avions pas prévu, mais il apparaît que les entreprises avaient véritablement besoin d’une zone neutre pour discuter technique.
  • C’est une compilation logicielle que les entreprises peuvent utiliser pour créer une plate-forme complète pour leur matériel. Avec Gnome Mobile, nous ne nous positionnons pas comme un fournisseur de plateforme finie — à l’instar de Moblin ou d’Android, mais comme des pionniers ; c’est pour cela que nous ne sommes pas en concurrence avec ces systèmes et qu’au contraire, nous essayons de travailler avec eux.

Nous n’avons pas de relations directe avec Android, mais nous travaillons très étroitement avec Moblin. De nombreuses personnes travaillant sur Moblin viennent de la communauté Gnome et ces plateformes ont beaucoup en commun. Saviez-vous que Moblin était basé sur Mutter, tout comme Gnome Shell ? De même, nous sommes relativement proche des développeurs de Maemo qui travaillent avec nous depuis longtemps.


Nettoyage de printemps

heise open : Gnome 2 est sorti en 2002. Depuis, une grande quantité de code devenu inutile a certainement été accumulée. La prochaine version majeure serait une bonne occasion de se débarrasser des bibliothèques et des APIs (interfaces de programmation) obsolètes. Quels sont vos projets ?

Vincent Untz : Bien évidemment, Gnome 3.0 est une bonne occasion de purger notre environnement et de définir des stratégies cohérentes. En fait, nous avons même déjà commencé en déplaçant certaines APIs (depuis libgnomeui vers GTK+) et en arrangeant certains ensembles. Un bon exemple est la réécriture de gnome-vfs, qui nous a mené à la création de gvfs, de la bibliothèque Gio et au nouveau système de fichiers virtuels.

Nous allons supprimer les bibliothèques obsolètes de la plateforme Gnome et si elle ne sont plus nécessaires à Gnome, nous allons cesser de les publier en tant que part du système. Il est évident que des personnes continueront de travailler avec ces bibliothèques, si elles en ont besoin. C’est le principe du libre, ce n’est pas parce que quelque chose ne fait plus partie de Gnome que sa fin est inéluctable !

Pour ce qui est des librairies restantes, nous allons retirer les APIs obsolète de Gnome 3.0, à moins quelles ne soient très utilisées.

Pour ce faire, nous avons mis en place le plan de nettoyage « A bas le codage douteux ». Nous allons procéder étape par étape. Gnome 2.28 bénéficie déjà de ce travail. Gnome ne dépend déjà presque plus des composants libgnome, libgnomeui et gnome-vfs. Aussi, si vous retirez les panneaux et les appliquettes, la librairie Bonobo disparaît pratiquement.

Bien entendu, de nombreuses applications de Gnome ne font pas officiellement partie de l’environnement de bureau. La plupart d’entre elles continueront de fonctionner ; les bibliothèques que nous retirons de notre plateforme restent disponibles et les versions antérieures des bibliothèques, ainsi que leur APIs dépréciées, devront être installées en parallèle.

Bien entendu, nous encourageons les développeurs à adapter leurs applications à la nouvelle plateforme et à ne plus utiliser les APIs obsolètes. Nous l’avons nous même fait pour Gnome et nous avons veillé à améliorer nos logiciels. Les avantages de cette démarche sont d’avoir moins code source, moins de bogues et de faciliter l’ajout de nouvelles fonctionnalités.


De nouvelles technologies

heise open : De nouvelles technologies et APIs vont aussi voir le jour. GTK+ 3.0, bien qu’encore loin, pointe aussi à l’horizon. Comment le projet Gnome va-t-il gérer ces nouveaux développements ?

Vincent Untz : Une grande partie du développement de Gnome 3.0 consistait à définir ce que nous voulions faire de notre plateforme. Comme je l’ai dit précédemment, nous retirons les APIs obsolètes. Pour ce qui est des nouvelles technologies, nous nous sommes aussi préparés à les intégrer. Je pense spontanément à Clutter et à gobject-introspection. Tous ces changements sont prévus depuis plusieurs versions et notre communauté a déjà réfléchit aux nouvelles technologies qu’elle souhaite intégrer.

Le plus dur reste donc d’assurer une bonne épuration de la plateforme Gnome, avant de commencer à utiliser les nouvelles technologies. Mais ce n’est pas si difficile que çà, car la plupart des gens sont très enthousiasmés par ces nouveautés.

heise open : Les bases de certaines nouveautés Gnome 3.0 sont déjà inclues dans Gnome 2.28. Je pense à Mutter, basé sur une association de Clutter et de Metacity, qui est le fondement de la nouvelle gestion des fenêtres. À quels autres changements avant-coureurs de Gnome 3.0 peut-on s’attendre dans Gnome 2.28 ?

Vincent Untz : En effet, Gnome 2.28 est souvent considéré comme une étape majeure vers Gnome 3.0. Les développeurs, qui travaillent sur les nouveaux modules que nous espérons intégrer à Gnome 3.0, proposent déjà des pré-versions. Vous pouvez donc tester ces nouveautés qui représentent en partie l’avenir de Gnome.

Ce qui est intéressant avec Mutter, ce fork de Metacity, ce n’est pas tant la gestion des fenêtres ; mais c’est que Gnome Shell se base sur Mutter pour garantir une expérience utilisateur totalement nouvelle. Pour exemple, Gnome Shell peut déjà être testé sur Fedora (ndt et sous la bêta d’Ubuntu Karmic Koala 9.10). C’est la cas aussi pour Zeitgeist, ainsi que pour certains jeux Gnome qui ont vraiment progressé. De nombreux jeux ont été adaptés à Clutter et sont maintenant codés en Javascript.

Un gros travail d’assainissement a déjà été effectué sur notre plateforme, afin de disposer d’une Gnome 2.28 épurée avant d’y intégrer les modules de Gnome 3.0. Bien que ce travail ne soit pas directement visible, il amène une plus grande cohérence entre les différentes applications, tout en utilisant moins de bibliothèques, ce qui augmente l’attrait de Gnome auprès les développeurs. La plateforme de Gnome propose déjà un écosystème dynamique aux applications qu’elle héberge et toutes ces améliorations profiteront aussi à ces mêmes applications.

heise open : Une dernière question : Le projet KDE semble se diriger vers le « Bureau social », avec un système de géolocalisation. Les premières évolutions allant dans ce sens seront disponibles dans KDE 4.3, qui sortira en août. Gnome prépare-t-il quelque chose de similaire ?

Vincent Untz : Nous ne parlons pas vraiment de « Bureau social » pour Gnome (je pense même que certaines personnes n’aiment pas ce terme) mais nous intégrons des fonctions similaires. La géolocalisation et la connexion à certains services Web son autant d’exemples des efforts techniques fournis par les développeurs de Gnome. Vous pouvez déjà localiser vos contacts avec le logiciel de communication instantanée Empathy, ou encore définir des géolabels sur vos photos. Depuis un certain temps, vous pouvez aussi visionner les vidéos Youtube directement depuis Totem.

L’équipe de Gnome s’intéresse aussi à l’intégration des services en ligne courants au sein même des applications Gnome. À ce propos, la version 2.28 représente déjà une nette évolution et je suppose que cette tendance va se poursuivre.

Ubuntu : Bienvenue à Empathy

Du changement pour la future version d’Ubuntu !

Le nouveau logiciel de messagerie instantanée Empathy sera installé en lieu et place de notre pigeon adoré : Pidgin.

Empathy va devoir convaincre …

En effet Pidgin a beaucoup évolué ces dernières années pour devenir un client multi-protocoles de référence, que ce soit sous GNU/Linux ou sous Windows. Il supporte la quasi-totalité des protocoles de messagerie, et permet d’effectuer toutes les tâches importantes qui sont attendues de ce genre de programme, sans compter qu’il est maintenant stable et mature.
Bref, un excellent client.
pidgin

Toutefois, son développement s’est ralentit et il se trouve aujourd’hui en concurrence directe avec le client de messagerie de Gnome : Empathy.

Il y a un an encore, ce dernier avait un énorme retard vis-à-vis de pidgin. Retard qu’il a en grande partie comblé, pour proposer – dans sa dernière version – un très bon niveau technique, en incluant de nouvelles technologies; sans compter les nombreuses évolutions attendues à court terme …

Le support de la vidéo !

Actuellement, Empathy intègre le support des principaux protocoles de messageries, ainsi que les conversations vidéo et audio via Jabber/Jingle. Et d’ici à l’arrivée de Karmic Koala, les fonctions suivantes devraient faire leur apparition :

  • Le transfert de fichiers (un des arguments qui pesait contre l’inclusion d’Empathy)
  • Le support de la vidéo/audio pour Google Talk et Msn

Call empathy

  • La géolocalisation des contacts via les nouvelles librairies GTK/Gnome

Empathy

  • Le partage de l’affichage de son bureau via Telepathy/VNC

Une évolution prometteuse !

Un petit bémol tout de même : il faudra que l’équipe d’Empathy travaille encore sur les bogues qui restent nombreux et ne permettent pas d’avoir un un logiciel aussi stable que Pidgin …

Gnome-Shell & Gnome 2.28

Owen Taylor vient de publier – dans la mailling-list – les objectifs pour Gnome-Shell en vue de l’intégration du projet dans Gnome.

Si selon lui il n’est pas possible (faute de temps) d’intégrer Gnome-Shell comme module officiel de Gnome 2.28, il est en revanche important de pouvoir proposer une version stabilisé du projet, afin qu’elle puisse être testé et intégré comme paquet optionnel dans les différentes distributions.

Il fixe donc un calendrier qui devrait nous mener jusqu’au 23 septembre 2009, date de sortie de cette première version. Espérons qu’elle pourra être installée sur Karmic Koala !

18 Mai 2009 : dernières propositions.
du 3 au 11 juillet 2009 : profiter du GUADEC pour accélérer le développement de certaines fonctionnalités.
27 juillet 2009 : Gel de l’implémentation de nouveautés.
12 Aout 2009 : Première version Bêta.
9 Septembre 2009 : Release candidate.
23 septembre : Version finale ( 1.0 ? )

Nouvelles maquettes pour Gnome Shell

Jeremy Perry vient de publier une nouvelle série de maquettes pour le projet Gnome Shell, qui fera partie intégrante de Gnome 3.0.

Il semble que ce projet commence à prendre forme, aussi bien au niveau graphique qu’au niveau conceptuel, de nombreuses améliorations venant agrémenter l’idée de base.

Dans la première capture, on remarque que :

  • Le champ de recherche est maintenant directement intégré à la barre des tâches, ce qui permet de l’avoir toujours à disposition pour accéder rapidement à ses documents.
  • La première partie du menu contient les applications favorites et est bien entendu configurable à souhait.
  • Une loupe permet d’accéder au menu général des applications, pour chercher un programme indisponible dans les favoris.
  • Les applications déjà ouvertes sont surlignés d’un halo lumineux et apparaissent en dessous du bloc si elles ne sont pas dans la liste des favoris.
  • En dessous, des raccourcis vers des emplacements spécifiques font leur apparition, suivi des media et supports externes connectés au PC, clôturés par une liste de documents récents.
  • L’ensemble du menu est conçu pour se gérer entièrement par simple glissés / déposé (pour ajouter des raccourcis, lancer des applications, etc.).

Mockup Gnome-Shell


Cette seconde capture présente le menu application une fois ouvert. Il se divise en deux grandes colonnes :

  • À gauche les filtres par catégorie, titre, récemment utilisés, plus utilisés.
  • À droite une liste des applications accompagnées, pour certaines, un petit icône « i », qui permet d’obtenir plus de détails sur le programme sélectionné.

Mockup Gnome-Shell


La capture suivante permet de se rendre compte de la gestion des documents récemment utilisés, avec – comme dans le menu précédent – une grande série de filtres, permettant d’affiner rapidement sa recherche pour accéder au document voulu.
Cette manière de présenter apparaît ici très puissante et efficace.

Encore une fois, l’icône « i » permet d’avoir un aperçu rapide du document…
Mockup Gnome-shell


L’image ci-dessous illustre le résultat d’une recherche via le champs de la barre des tâches.
Mockup Gnome-shell


Enfin cette maquette illustre l’aperçu évoqué précédemment, qui offre de nombreuses options et possibilités.
Mockup Gnome-Shell


On peut aussi voir la première série de maquettes, publiées il y a quelques temps ici.

Gnome 3 : L’histoire d’un renouveau ?

L’année 2009 a marqué la fin de maturation du projet KDE dans sa version 4, avec l’arrivée à terme de la version 4.2.
Face à toutes ces nouveautés et au renforcement de la communauté KDE, on peut se poser aujourd’hui des questions sur la dynamique et l’avenir de Gnome…

Du changement en perspective

Si Gnome se distingue sur beaucoup de points de KDE et ne suit ni les même objectifs, ni la même philosophie, il est clair que le projet – dans sa version 2.* – commence à vieillir. Les premières versions de Gnome sont sorties en 1999 et la branche 2.0 est apparue en 2002, il y à déjà 7 ans. Ces années se font sentir et beaucoup de programmes intégrés ont perdu de leur dynamique, sans compter que la lourdeur de certains éléments de GTK+ ne facilitent pas une évolution rapide et flexible de l’ensemble du projet.

Face à cette problématique, la communauté Gnome n’est pas restée les bras croisés et réfléchit depuis plusieurs mois à la nouvelle version majeure de Gnome : Gnome 3.0. Ces réflexions ont prit un tournant important avec le lancement officiel – à l’été 2008 – des travaux de rénovation, lors de la réunion annuelle Européenne de Gnome.

Depuis, le projet a prit de la vitesse et les premières nouveautés de cette future interface utilisateur commencent à émerger, tandis qu’un gros travail de maturation et de sélection reste a faire sur les idées et concepts proposés par la communauté. Les premiers éléments devraient donc apparaître d’ici un an (en mars 2010), s’appuyant sur le passage de GTK à la version 3 …

Une transition en douceur

Tout ces changements devraient marquer une étape importante pour le projet. Leur intégration se fera cependant progressivement, en respectant la philosophie qui a fait le succès de Gnome : sa facilité de prise en main, sa facilité d’utilisation et une certaine continuité, tout en restant stable.

Pour la communauté Ubuntu, ce changement sera d’autant plus important qu’il correspond également à une évolution importante de cette distribution : une refonte complète de son thème (boot, gdm et bureau), associée à un objectif ambitieux d’avoir un interface moderne et innovante dans moins d’un an et demi.

Tous ces objectifs devraient donc nous amener plus ou moins a la prochaine LTS d’Ubuntu : Ubuntu 10.04 …

Affaire à suivre …

Gnome se mettra-t-il au niveau de KDE dans la course a l’innovation ? L’année 2010 verra aussi l’arrivée du rouleau compresseur Miscrosoft Seven…. Notre distribution préférée (et les distributions GNU/Linux de manière générale) sera-t-elle au mieux pour affronter ce nouvel OS ?

Je vais profiter de ce blog pour suivre l’aventure Gnome 3.0, associée à notre distribution préféré pour l’année qui vient. Nous pourrons ainsi suivre l’orientation du projet, qui sera sans nul doute cruciale pour sa pérennité !

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