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Le voie vers Gnome 3.0

Cet article est une traduction de « Auf dem Weg zu Gnome 3.0 », écrit par Alexandra Kleijn le 18 septembre 2009 et disponible en version originale sur le site Web heise online.

Entretien avec Vincent Untz, responsable de parution de Gnome

Vincent UntzLa version 2.28 de l’environnement de bureau libre Gnome, doit conduire à sa prochaine édition majeure : la version 3.0, qui sortira — si tout se passe bien — au printemps 2010. heise open a eu l’occasion de discuter avec Vincent Untz, responsable de parution de Gnome.

Heise open : Vincent, quel est votre rôle dans le projet Gnome ?

Vincent Untz : Depuis que j’ai rejoint Gnome, je me suis intéressé à divers aspects de ce projet. J’ai commencé par du déboguage et du développement. C’est ainsi que je devins responsable de certains modules de l’environnement Gnome (pas toujours activement, malheureusement, car c’est un travail assez fastidieux). Actuellement, je suis le responsable de l’équipe de parution de Gnome. Je suis également président de la fondation Gnome, ce qui signifie tout simplement que j’y préside le conseil d’administration, mais c’est plus classe de dire que je suis le Président. (ndt dans la version originale, Vincent Untz fait ici un jeu de mot sur sa fonction, malheureusement intraduisible en français …)

L’équipe de parution du projet Gnome s’assure que la partie technique avance sûrement et efficacement et que les nouvelles versions sortent à temps, tout en préservant le niveau de qualité attendu par le public.

La fondation Gnome est une organisation à but non lucratif qui soutient le projet.

heise Open : Avec la version 3.0 — attendue par de nombreuses personnes, une nouvelle ère se dessine pour Gnome. L’expérience utilisateur, un des domaines les plus importants, connaîtra certains changements. Le bureau Gnome actuel est, tant par son apparence que par son usage, très traditionnel. Comment comptez vous changer la vision de l’utilisateur avec de Gnome 3 ?

Vincent Untz : Je n’irais pas jusqu’à dire que le changement était attendu depuis longtemps. Gnome — dans sa forme actuelle — n’est pas parfait, mais nos utilisateurs sont satisfais du fonctionnement de ce bureau, qui n’a cessé de s’améliorer au fil des années. Si on compare Gnome 2.0 à Gnome 2.26 ou Gnome 2.28, on observe des différences énormes. Entre-temps, il y a eu énormément d’évolutions technologiques, rappelez-vous l’avant HAL et DeviceKit …

Cela dit, il est vrai que l’expérience utilisateur de Gnome n’a pas fondamentalement évoluée au cours du cycle des 2.x. Les panneaux, la méthode de lancement des applications et la gestion des fenêtres sont globalement inchangés. La communauté apprécie le travail que nous faisons. Nous avons acquis beaucoup d’expérience depuis Gnome 2.20, ceci nous permet d’améliorer Gnome, qui devient à même d’aider davantage de personnes à réaliser ce qu’elles souhaitent ; et ce que souhaitent les utilisateurs, ce n’est pas utiliser un environnement de bureau, mais ils veulent surfer sur le Web, lire leur courrier électronique, discuter avec des amis, écouter de la musique, écrire des lettres ou de créer des éléments divers et variés …

C’est ça notre but ! Nous voulons faire un environnement de bureau demandant moins d’attention, en le rendant plus intuitif et facile à utiliser, afin que l’utilisateur puisse se concentrer sur ce qui est important à ses yeux. Cela peut ressembler à un bête « Nous allons faire davantage, mieux et plus vite », mais nous sommes plutôt confiants quant aux réelles améliorations qu’apporteront les modifications de l’environnement, à l’instar — par exemple — du nouveau Shell.

Nous voulons aussi un bureau plus esthétique !


Une utilisation intuitive grâce à Gnome Shell et Zeitgeist

heise open : Comment Gnome Shell et Gnome Zeitgeist vont-ils changer la façon dont les gens travaillent sur leurs ordinateurs de bureau ?

Vincent Untz : Gnome Shell représente à lui seul un changement majeur par rapport à Gnome 2.x. Comme une coquille (ndt en anglais, coquille se dit shell ; Vincent Untz fait ici un nouveau jeu de mot) de l’environnement de bureau, il constitue la base de l’interface utilisateur. C’est là que commencent toutes vos activités, ou que vous en changez …


À première vue, un bureau basé sur Gnome Shell ne semble que légèrement différent. On retrouve un panneau en haut de l’écran, qui contient une zone de notification, une horloge, des informations sur les applications au premier plan, ainsi qu’un bouton Activités. Ce dernier bouton active une vue d’ensemble, où vous pouvez lancer une application, ouvrir un document, etc. ; c’est ce que nous appelons des activités.
Cette vue d’ensemble des activités permet d’atteindre un objectif : elle autorise l’utilisateur à réaliser ce qu’il souhaite. Le Shell assure un suivi des actions réalisées, facilitant et accélérant l’exécutions de nouvelles activités.

Le mode Aperçu assure la gestion des fenêtres ouvertes et des bureaux virtuels, directement dans Gnome Shell. Vous pouvez ouvrir sur le bureau de votre choix, des applications mais aussi des documents. Les espaces de travail permettent d’organiser contextuellement les fenêtres, bien que leur utilisation reste difficile à appréhender pour un novice — les nouveaux utilisateurs trouvent généralement ce concept compliqué. Nous espérons que cette fonctionnalité sera plus facile à comprendre et à utiliser avec l’ajout et la suppression dynamique des bureaux virtuels.

Un autre changement majeur réside dans le fait que Gnome Shell soit centré sur les applications, en opposition au système actuel basé sur les fenêtres. Tous les avantages de Gnome 3.0 ne seront pas forcément évidents, mais l’idée de base consiste à éviter de relancer une application déjà ouverte. Sont également présentées à l’utilisateur les actions en cours d’une application, il est donc facile — par exemple — de basculer d’un document à un autre, au sein d’un même programme.

Enfin, nous voulons rendre le système de notifications moins intrusif, de sorte qu’il ne distraie pas l’utilisateur de son occupation, tout en lui permettant d’y réagir plus facilement ; en offrant — par exemple — de répondre à un message instantané directement dans la notification.

Ce qui a motivé le projet Zeitgeist, c’est la difficulté actuelle de retrouver des documents spécifiques sur un ordinateur. Si le document est un fichier, au sein de l’ensemble du système de fichiers, il est nécessaire de se rappeler du chemin complet d’accès au dit document. Il est plus simple de rechercher par libellé, par date ou par rapport à un autre document (ex. au moment ou je travaillais sur ce tableau, j’écoutais ces balados …)

Zeitgeist est un projet en gestation, il est très difficile de trouver la bonne manière de présenter et de rechercher les informations qu’il stocke. Nous avons déjà un prototype qui fonctionne et certains travaillent déjà à l’intégration de ses fonctionnalités dans Gnome Shell.


La philosophie de Gnome: Ergonomie

heise open : Gnome est souvent critiqué pour son manque d’options de configuration. Sera-t-il plus facile à l’avenir de modifier la configuration du bureau, ou les utilisateur devront-ils continuer à utiliser gconf-editor et gconftool ?

Vincent Untz : Pour ce cas, je pense qu’il est important de préciser notre philosophie. Ce n’est pas que nous ne nous soucions pas des besoins ou des envies des utilisateurs. Au contraire ! Nous voulons que Gnome dispose des meilleures interfaces graphiques, mais il s’avère que proposer trop d’options a tendance à perturber l’utilisateur et n’entre donc pas dans nos objectifs.

GconfC’est pour cette raison que nous n’offrons pas de modifier tous les paramètres ; du moins pas dans l’interface utilisateur. Il est vrai que certaines options — sous-utilisées ou trop avancées — ne peuvent être modifiées que par gconf.

Notre philosophie à ce propos n’a pas changée. Cela ne veut pas dire que ces options doivent rester cachées à jamais. Je crois qu’un outil de configuration dédié à une modification facile de ces options a sa place. Il ne doit pas être bien difficile de développer un tel logiciel et je suis sûr qu’il serait accueilli avec beaucoup d’enthousiasme.

heise open : Gnome s’est toujours beaucoup concentré sur l’ergonomie et l’accessibilité. Pensez-vous que celles-ci seront victimes des nouvelles fonctionnalités de Gnome 3.0 ? Je pense à KDE 4.0, paru en janvier 2008, qui était impressionnant mais ne convenait pas à une utilisation en production.

Vincent Untz : Nous ne voulons pas que Gnome 3.0 sorte s’il n’est pas prêt. Toutes les versions de Gnome 2.x étaient stables et nous en somme fier. Nous ne voulons pas perdre cette réputation.

Nous voulons que Gnome 3.0 sorte en mars 2010, mais si ce n’est pas réalisable — pour les raisons sus-dites, nous ne voyons aucun problème à repousser l’échéance à septembre 2010. C’est une décision que nous prendrons en novembre, lorsque nous nous assureront d’être en bonne voie, via l’examen des modules. Si mars n’est pas réaliste, Gnome 3.0 sortira à l’automne.

Bien entendu, Gnome Shell modifiera beaucoup l’expérience utilisateur. Lors de changements aussi importants, il y a toujours des mécontents qui trouvent l’ancienne version de meilleure qualité. Cependant ce ne sera pas parce que la nouvelle version est mauvaise que ces gens seront mécontents, mais à cause de leurs habitudes (il pourrait y avoir de petites régressions ici et là, il y en a toujours avec le développement logiciel, mais une régression majeure serait disqualifiante pour cette version). Pour nous, rendre Gnome 3.0 si bon que les gens lâcheront leurs habitudes sans hésiter est un défi. Nous souhaitons aussi conserver quelque temps l’apparence de Gnome 2.x en option.

Je tiens aussi à souligner que les outils d’accessibilité sont en cours de réécriture. Ils seront basés sur D-bus, en lieu et place d’ORBit et seront donc utilisables dans d’autres environnement de bureau, en particulier KDE. C’est une mission importante et qui avance bien. Les testeurs sont les bienvenus !

heise open : A qui est destiné Gnome ? Pensez-vous que Gnome soit aussi bon pour les débutants que pour les habitués de Linux (ndt le terme exact étant GNU/Linux) ?

Vincent Untz : Je ne crois pas qu’il y ait de différence fondamentale entre un débutant et un utilisateur expérimenté. Ces deux catégories de personnes utilisent leur ordinateur pour exécuter des tâches spécifiques. Vous pouvez trouver des utilisateurs de Gnome heureux dans chez les débutants et chez les habitués.

Nous développons Gnome pour la majorité et nous le faisons en créant une interface intuitive et agréable contre laquelle ils n’ont pas à se battre. Gnome est flexible, ce qui explique qu’il s’adapte aussi bien à des tâches familiales, qu’à un travail de bureau. Le fait que nous visions la grande majorité des utilisateurs de Linux explique aussi pourquoi la régionalisation et l’accessibilité sont si importantes pour nous.

Bien entendu il y a des gens qui, pour diverses raisons, ne sont pas satisfais de Gnome. Ça n’est pas un problème : nous ne pouvons pas convenir à tout le monde et nous le comprenons. Heureusement, il y a d’autres environnements de bureau comme XFCE ou KDE, avec des aspects différents et des philosophies différentes. Ce sont de bonnes alternatives pour les personnes qui ne veulent pas utiliser Gnome.


Gnome et les miniportables (netbooks)

heise open : Gnome est il adapté aux petits écrans ? C’est l’avenir. Y-aura-t-il une détection automatique des petits écrans, de sorte que l’utilisateur n’ait même pas à modifier la taille des ses polices ?

Vincent Untz : C’est l’un des objectifs de Gnome Shell : nous voulons qu’il fonctionne aussi sur les petits écrans, sans qu’il y ait de gros changements à opérer.

Reprenons l’exemple des polices. Je ne pense pas qu’il y ait de solution d’auto-détection magique pour changer leur taille. En effet, de nombreux facteurs sont à prendre en compte. En dehors de la taille de l’écran, il faut considérer sa résolution, ainsi que les goûts et la perception de l’utilisateur. Un écran où tout est si petit qu’on peut à peine le lire n’est pas non plus agréable. Néanmoins, c’est un sujet sur lequel nous pourrions nous pencher à l’avenir.Icône du logiciel Cheese

Plus généralement, une équipe de Gnome travaille déjà pour adapter chacune des applications aux miniportables. Pour l’exemple, notre lecteur d’images Eye of Gnome et l’application dédiée aux webcams Cheese disposent en natif, dans Gnome 2.28, d’un mode pour les miniportables ; et même si ici-et-là il y a encore quelques défauts, nous sommes en bonne voie et Gnome fonctionne très bien sur les miniportables.

Heise open : Question inverse : comment Gnome tire-t-il parti des écrans plus larges ?

Vincent Untz : Je pense que Gnome fonctionne déjà très bien sur ce type d’écrans. Le problème principal vient de la maximisation des fenêtres, qui deviennent tout simplement trop grandes. Organiser les fenêtres en mosaïque peut être une solution ; il y a même des outils dédiés, comme WinWrangler qui effectue simplement ce type d’actions. Nous avons prévu d’implémenter ce genre de fonctionnalités dans Gnome Shell, mais ce n’est pas encore prêt, pour autant que je le sache.


Gnome et les mobiles

Heise open : Que devient Gnome Mobile ? Où trouve-t-il sa place parmi des projets tels que Moblin ou Android ?

Vincent Untz : Gnome Mobile se porte bien ! La plate-forme de Gnome sert à divers systèmes, non seulement sur des distributions de bureau Linux, mais aussi sur Maemo et Moblin, que ce soit avec des GPS ou du matériel médical. Gnome Mobile est déjà utilisé avec de nombreux produits, et le sera encore plus à l’avenir.

Gnome Mobile a deux visages :

  • C’est un forum (dans le sens lieu de débat et non forum Web) dans lequel les entreprises peuvent coopérer, alors qu’en dehors elle sont en compétition. Nous ne l’avions pas prévu, mais il apparaît que les entreprises avaient véritablement besoin d’une zone neutre pour discuter technique.
  • C’est une compilation logicielle que les entreprises peuvent utiliser pour créer une plate-forme complète pour leur matériel. Avec Gnome Mobile, nous ne nous positionnons pas comme un fournisseur de plateforme finie — à l’instar de Moblin ou d’Android, mais comme des pionniers ; c’est pour cela que nous ne sommes pas en concurrence avec ces systèmes et qu’au contraire, nous essayons de travailler avec eux.

Nous n’avons pas de relations directe avec Android, mais nous travaillons très étroitement avec Moblin. De nombreuses personnes travaillant sur Moblin viennent de la communauté Gnome et ces plateformes ont beaucoup en commun. Saviez-vous que Moblin était basé sur Mutter, tout comme Gnome Shell ? De même, nous sommes relativement proche des développeurs de Maemo qui travaillent avec nous depuis longtemps.


Nettoyage de printemps

heise open : Gnome 2 est sorti en 2002. Depuis, une grande quantité de code devenu inutile a certainement été accumulée. La prochaine version majeure serait une bonne occasion de se débarrasser des bibliothèques et des APIs (interfaces de programmation) obsolètes. Quels sont vos projets ?

Vincent Untz : Bien évidemment, Gnome 3.0 est une bonne occasion de purger notre environnement et de définir des stratégies cohérentes. En fait, nous avons même déjà commencé en déplaçant certaines APIs (depuis libgnomeui vers GTK+) et en arrangeant certains ensembles. Un bon exemple est la réécriture de gnome-vfs, qui nous a mené à la création de gvfs, de la bibliothèque Gio et au nouveau système de fichiers virtuels.

Nous allons supprimer les bibliothèques obsolètes de la plateforme Gnome et si elle ne sont plus nécessaires à Gnome, nous allons cesser de les publier en tant que part du système. Il est évident que des personnes continueront de travailler avec ces bibliothèques, si elles en ont besoin. C’est le principe du libre, ce n’est pas parce que quelque chose ne fait plus partie de Gnome que sa fin est inéluctable !

Pour ce qui est des librairies restantes, nous allons retirer les APIs obsolète de Gnome 3.0, à moins quelles ne soient très utilisées.

Pour ce faire, nous avons mis en place le plan de nettoyage « A bas le codage douteux ». Nous allons procéder étape par étape. Gnome 2.28 bénéficie déjà de ce travail. Gnome ne dépend déjà presque plus des composants libgnome, libgnomeui et gnome-vfs. Aussi, si vous retirez les panneaux et les appliquettes, la librairie Bonobo disparaît pratiquement.

Bien entendu, de nombreuses applications de Gnome ne font pas officiellement partie de l’environnement de bureau. La plupart d’entre elles continueront de fonctionner ; les bibliothèques que nous retirons de notre plateforme restent disponibles et les versions antérieures des bibliothèques, ainsi que leur APIs dépréciées, devront être installées en parallèle.

Bien entendu, nous encourageons les développeurs à adapter leurs applications à la nouvelle plateforme et à ne plus utiliser les APIs obsolètes. Nous l’avons nous même fait pour Gnome et nous avons veillé à améliorer nos logiciels. Les avantages de cette démarche sont d’avoir moins code source, moins de bogues et de faciliter l’ajout de nouvelles fonctionnalités.


De nouvelles technologies

heise open : De nouvelles technologies et APIs vont aussi voir le jour. GTK+ 3.0, bien qu’encore loin, pointe aussi à l’horizon. Comment le projet Gnome va-t-il gérer ces nouveaux développements ?

Vincent Untz : Une grande partie du développement de Gnome 3.0 consistait à définir ce que nous voulions faire de notre plateforme. Comme je l’ai dit précédemment, nous retirons les APIs obsolètes. Pour ce qui est des nouvelles technologies, nous nous sommes aussi préparés à les intégrer. Je pense spontanément à Clutter et à gobject-introspection. Tous ces changements sont prévus depuis plusieurs versions et notre communauté a déjà réfléchit aux nouvelles technologies qu’elle souhaite intégrer.

Le plus dur reste donc d’assurer une bonne épuration de la plateforme Gnome, avant de commencer à utiliser les nouvelles technologies. Mais ce n’est pas si difficile que çà, car la plupart des gens sont très enthousiasmés par ces nouveautés.

heise open : Les bases de certaines nouveautés Gnome 3.0 sont déjà inclues dans Gnome 2.28. Je pense à Mutter, basé sur une association de Clutter et de Metacity, qui est le fondement de la nouvelle gestion des fenêtres. À quels autres changements avant-coureurs de Gnome 3.0 peut-on s’attendre dans Gnome 2.28 ?

Vincent Untz : En effet, Gnome 2.28 est souvent considéré comme une étape majeure vers Gnome 3.0. Les développeurs, qui travaillent sur les nouveaux modules que nous espérons intégrer à Gnome 3.0, proposent déjà des pré-versions. Vous pouvez donc tester ces nouveautés qui représentent en partie l’avenir de Gnome.

Ce qui est intéressant avec Mutter, ce fork de Metacity, ce n’est pas tant la gestion des fenêtres ; mais c’est que Gnome Shell se base sur Mutter pour garantir une expérience utilisateur totalement nouvelle. Pour exemple, Gnome Shell peut déjà être testé sur Fedora (ndt et sous la bêta d’Ubuntu Karmic Koala 9.10). C’est la cas aussi pour Zeitgeist, ainsi que pour certains jeux Gnome qui ont vraiment progressé. De nombreux jeux ont été adaptés à Clutter et sont maintenant codés en Javascript.

Un gros travail d’assainissement a déjà été effectué sur notre plateforme, afin de disposer d’une Gnome 2.28 épurée avant d’y intégrer les modules de Gnome 3.0. Bien que ce travail ne soit pas directement visible, il amène une plus grande cohérence entre les différentes applications, tout en utilisant moins de bibliothèques, ce qui augmente l’attrait de Gnome auprès les développeurs. La plateforme de Gnome propose déjà un écosystème dynamique aux applications qu’elle héberge et toutes ces améliorations profiteront aussi à ces mêmes applications.

heise open : Une dernière question : Le projet KDE semble se diriger vers le « Bureau social », avec un système de géolocalisation. Les premières évolutions allant dans ce sens seront disponibles dans KDE 4.3, qui sortira en août. Gnome prépare-t-il quelque chose de similaire ?

Vincent Untz : Nous ne parlons pas vraiment de « Bureau social » pour Gnome (je pense même que certaines personnes n’aiment pas ce terme) mais nous intégrons des fonctions similaires. La géolocalisation et la connexion à certains services Web son autant d’exemples des efforts techniques fournis par les développeurs de Gnome. Vous pouvez déjà localiser vos contacts avec le logiciel de communication instantanée Empathy, ou encore définir des géolabels sur vos photos. Depuis un certain temps, vous pouvez aussi visionner les vidéos Youtube directement depuis Totem.

L’équipe de Gnome s’intéresse aussi à l’intégration des services en ligne courants au sein même des applications Gnome. À ce propos, la version 2.28 représente déjà une nette évolution et je suppose que cette tendance va se poursuivre.

  1. 10/10/2009 à 18:35 | #1

    Coucou,

    super article, vive le futur de gnome ! Je suis enthousiasmé d’avance !

    Jérôme

  2. 11/10/2009 à 16:19 | #2

    Merci pour la traduction !

  3. 12/10/2009 à 02:33 | #3

    Yep, merci pour la traduction. Je m’intéresse plus au côté « utilisateur » mais le reste est intéressant :)

  4. FabriceV
    13/10/2009 à 06:01 | #4

    Mouuuai…
    Gnome, nous parlons bien du bureau à la désastreuse recherche de fichier (tracker), d’un glisser-déposer inexistant, d’un copier-coller erratique, d’une interface à policykit déplorable, et d’une interface absconde à compiz, d’un gestionnaire de police toujours en devenir, idem pour le gestionnaire de scanner…
    Alors dans ces conditions, je ne m’enthousiasme pas de voir autant d’effort pour ajouter 3 couches de vernis sur la jambe de bois… Dont tout le monde feint d’oublier qu’elle est toujours en bois… De ce côté là, KDE a au moins le mérite d’essayer d’apporter des solutions (bon ok, d’ici qu’elles fonctionnent avec des logiciels débugés…). Je prendrais linux au sérieux le jour ou je pourrait faire avec 10 années de retard (pour l’intant, c’est plus) ce que je faisais avec les autres bons OS.

  5. 14/10/2009 à 20:22 | #5

    Tu parles bien de Gnome ?

  6. f.
    14/10/2009 à 22:51 | #6

    @FabriceV

    Voilà un avis bien tranché ! Certes, Gnome n’est pas parfait et, à bien des égards, tes remarques sont valides, mais ne l’est-il pas pour tout WM ou tout OS ?

  7. FabriceV
    16/10/2009 à 10:21 | #7

    J’utilise Ubuntu-gnome sans passion mais à plein temps. Mon amie secrétaire aussi. Je ne veux donc pas dire que Linux, c’est mal ou nul, je veux juste dire qu’il faut arrêter de penser que ces erzats de fonctionnalités font la qualité d’un OS. Qui se rappelle de l’enthousiasme pour Compiz et des merveilleuses copies d’écran de bureau enflammé qui devaient, c’était imparable, convaincre que Linux était moderne! (PS: notez que je n’ai rien dit sur le fond… Librairie, support matériel, technologie… et pourtant… Et rien sur les problèmes spécifiques d’ergonomie que pose Gnome).
    Je dis juste que hors les intérêts indéniables virus – prix – éthique, les avantages sont pour l’instant nuls comparés aux autres OS qui sont loin devant. Reprenez la liste et pensez MacOS. Après, avoir un bon environnemnet MacOS plus fonctionnel, productif et débuggé, c’est environ 2000€ dans mon cas. Rajoutez 800€ pour mon amie, plus le prix des deux ordi Apple… Donc je conserve Linux!
    Windows, dans la mesure où la personne sait verrouiller la sécurité c’est franchement très correct, stable et fonctionnel, plein d’applications libres ou gratuites d’une grande qualité (même openoffice fonctionne mieux sous windows. Moins de bugs d’interface, je m’en aperçoit quand je compare avec xp au travail…).
    Je remarque que personne n’a annoncé un Gnome 3 qui n’aurait plus de problèmes de copier-coller, aurait une gestion complète du glisser-déposer, une recherche de fichier standard qui ne perd pas les pédales… Pour un bureau, cela me semble quand même l’essentiel. Qui a vu dans le brainstorm Ubuntu que les utilisateurs votaient en masse pour la création d’une nouvelle interface… Par contre des panneaux de configuration clairement organisés et repensés, cela intéressent…
    Pour conclure plus positivement, très sympa ce blog, des billets documentés cela change…

  8. Simon Baconnais
    16/10/2009 à 12:56 | #8

    « bureau à la désastreuse recherche de fichier (tracker) »

    Justement, Gnome 3 apportera Zeitgeist.

    « un glisser-déposer inexistant »

    … ? Ça marche très bien le glissé déposé.

    « Un copier-coller erratiqu, d’une interface à policykit déplorablee »

    Ah ?

    « une interface absconde à compiz »

    Compiz ne sert à rien (ou presque) et servira encore moins dans Gnome 3, qui intégrera Mutter.

    « un gestionnaire de police toujours en devenir »

    C’est pas comme si c’était compliqué de coller des polices dans .font … A moins que tu ne parles d’autre chose.

    « idem pour le gestionnaire de scanner … »

    Gnome-scan est un projet démarré en 2006, sous la houlette de … Vincent Untz. Il s’est beaucoup amélioré et a l’avenir devant lui.

    « Pour conclure plus positivement, très sympa ce blog, des billets documentés cela change… »

    Aaaaaaaaah ! Enfin une remarque véridique ! ;)

  9. FabriceV
    17/10/2009 à 07:52 | #9

    En fait, j’ai tort, mais:
    - tracker est « abandonné » (je le savais). En fait le développement de tracker est symptomatique -> des efforts louables alors que l’interface ne peut afficher plus de 10 documents année après année. Prions pour qu’en 2010 nous ayons une « bonne » recherche de fichier. PS: j’ai testé TOUS les autres, c’est pas mieux, rien au niveau de Copernic pour gérer des milliers de fichiers pdf.
    - glissé – déposé
    Cela fonctionne entre les grosses applications, mais pour les petites, c’est bien plus problématique.
    - copier – coller
    Pas de conservation des copier – coller sous gnome. Des solutions existent pour le texe, mais pour les images il faut Klipper (KDE).
    - Compiz
    Au moins nous sommes d’accord sur Compiz…
    - Gestionnaire de fontes
    Un catalogueur pratique de police. Développement en cours (http://code.google.com/p/font-manager/). Des anciens développements (ex: specimen) sont au point mort. Sinon d’autres distribution que ubuntu permettent d’installer les fontes par le menu contextuel. Sinon il faut passer par fontmatrix (qt)
    - Gnome-scan
    S’il « a l’avenir devant lui »… Il n’a pas son passé! Et nous sommes presque en 2010… Alors soyons sérieux. S’améliorer veut dire qu’actuellement il ne fournit pas les options de configuration des gestionnaires de scanérisation du siècle dernier. Xsane et d’un autre age, mais supporte plus de scanner que GnomeScan. Du côté de KDE, ils sont repartis de zéro, c’est guère mieux… Reste Gscan2pdf ou Vuescan propriétaire (super fonctionnalités, mais pas pour les canon usb gd public pourtant très généralisés). Je pense sincèrement que l’on touche dans ce domaine les limites du libre. Cela devrait être le travail des industriels d’interfacer leurs scanners.

    Maintenant, je le reprécise, Linux est utilisable, mais l’intérêt réside plus dans les quelques bonnes applications que par les fonctionnalités apportées par les divers bureaux… Qui sont soit en restructuration (gnome) en débuggage finalisation (kde), ou en développement (le reste: e17…).

    Je ne critique pas les individus ni leurs efforts mais le résultat. Ma formation scientifique ne m’a jamais empêché de critiquer un objet, une théorie et de l’utiliser… On va déborder sur les problèmes philosophique du développement dans l’opensource mais c’est réellement difficile de proposer un bureau cohérent en assemblant des efforts parfois contradictoires, non coordonnées ou hiérarchisés. Je pense que Gnome ou KDE arriveront à maturité, mais après les autres. Les développements sont moins financés, plus cahotiques, mais globalement après parfois des détours, l’ensemble revient toujours par nécessité vers des solutions plus fonctionnelles.

  10. 17/10/2009 à 15:36 | #10

    @ seb24 :
    Merci d’avoir pris le temps de traduire cet article car il en vaut la peine.
    Quelle somme d’informations…

    @ FabriceV :
    Voilà ce que j’aime lire. Une critique sans passion, juste.

    S’ habituer à un fonctionnement qui devrait être amélioré, n’est pas une raison pour le trouver suffisant et améliorer l’actuel avant de passer au suivant ?

    exemple : copier dans Firefox, le fermer, et coller … impossible dans un document ! Car il ne fallait pas fermer Firefox AVANT de coller…

  11. Simon Baconnais
    17/10/2009 à 18:39 | #11

    De rien, c’est vrai que j’ai eu du mal à traduire cet article :)

    Sinon, le problème de Firefox, c’est qu’il n’est pas vraiment intégré à Gnome … Entre XUL, DSO et tout le tintouin, il est difficiles de bien le gérer. Mais en dehors de ça, le copier/coller fonctionne plutôt bien je trouve. Bien sûr, il n’est pas très poussé, mais personnellement il me suffit.

  12. 17/10/2009 à 19:57 | #12

    @Dell-Ubuntu : Attention on est deux sur le Blog. C’est pas moi le traducteur de cette interview mais Simon.

    @FabriceV : Gnome est certes critiquable, mais faut aussi laisser du temps à ces projets de grandir. Je trouve que les choses vont dans le bon sens et Gnome 3 permet justement de relancer la dynamique de l’ensemble des projets.

    D’ailleurs c’est un peu l’interet du blog. On veut en autre mettre en avant cette nouvelle dynamique et montrer ou va le nouveau projet. Je pense qu’il a un bon potentiel et ce n’est justement pas une simple couche de « verni »,mais bien une refonte du Bureau.

  13. FabriceV
    18/10/2009 à 05:48 | #13

    Bonjour,
    je vais faire plus rochon que je ne le suis, mais il semble évident que tous les bureaux (même Windows) s’améliorent avec le temps, et que cela ne saurait constituer un argument. Cependant, je témoigne de mon incompétence pour faire la part des choses entre les développements de fond et ceux de surface.
    Mais je vois quand même un gouffre entre l’évolution et la communication de MacOS lors de leur retour technologique et plus généralement Gnome et KDE. Au départ, je me souviens très bien que la communication n’était qu’assez peu dirigée vers le saut technologique (Unix). Apple communiquait beaucoup sur la recherche de fichier, de la gestion du pdf intégré, du glisser-déposer entre application, de l’installation facilité des applications… Aujourd’hui c’est comme si Gnome et KDE voulait concurrencer et apparaitre en avance en sautant ces premières étapes qui assurent aux utilisateurs toutes les fonctionnalités de base. Je ne crois pas à cette démarche… Tout n’est bien sûr pas sombre pour autant… L’avenir de Gnome ne dépend pas de mon avis!
    N’ayant plus rien à dire sur ce sujet, autant conclure par réitérer mes félicitations sur le blog.

  14. 18/10/2009 à 18:41 | #14

    C’est un peu une renaissance pour le projet Gnome qui s’était enlisé dans un developpement mou et qui n’arrivait plus à mobiliser suffisamment la communauté.

    On l’a vu sur pas mal de projets qui étaient en train de mourrir comme Rythmbox, Fspot.

    Mais justement je crois que l’équipe Gnome à prit les bonnes décisions pour redynamiser la communauté. Depuis un an on voit y’a pas mal de petits projets qui naissent, les anciens se sont remis au travail.

    Niveau communication, il y a beaucoup à faire, mais pour le développement je pense qu’il y a vraiment une base technique vraiment interessante, que ce soit Zeitgeist qui va vraiment apporter une révolution par rapport à Gnome 2, et une grosse évolution face aux Bureau concurrent.

    Gnome-Shell, niveau interface et facilité d’utilisation est également une vision ambitieuse mais aussi risqué.

    Y’a aussi GTK 3 pour la partie graphique, Telepathy pour la gestion des communications et pas mal de nouveaux élément technique de fond.

    Donc on espère tous que ce Gnome 3 sera à la hauteur des nos esṕerance ;) .

    Merci pour les félicitations.

  15. Cedric
    30/10/2009 à 13:05 | #15

    A quand de nouveaux petits articles ?
    Nous sommes impatient ! ;)

  16. Manudwarf
    09/11/2009 à 20:47 | #16

    Article très intéressant, merci !

    Question idiote : le regain d’intérêt pour gnome ne proviendrait-il pas de « l’échec » KDE 4 ? Car, après plus d’un an et demi de versions « stables », on a toujours rien d’utilisable…

    Résultat, comme beaucoup d’autres, j’ai migré vers Gnome et commence à m’intéresser aux API GTK pour profiter d’un environnement (comme dit de nombreuses fois dans l’article) simple, fonctionnel et stable.

    Je leur souhaite beaucoup de courage et de patience, il y a encore du travail, de bonnes idées, mais je suis confiant :)

  17. FabriceV
    10/11/2009 à 13:55 | #17

    Oui… et non…
    Gnome ne résoud pas les lacunes actuelles de KDE (ex: recherche de fichier) mais en apporte d’autre (ex: copier-coller). L’avantage provisoire pour Gnome, c’est effectivement la stabilité, la vitesse, d’échapper aux trop nombreuses interfaces médiocres de KDE, et d’avoir Firefox – OpenOffice. KDE conserve pour moi un avantage majeur, une meilleure cohérence entre applications (quoique l’apparition de programmes QT multiplateforme (mais fait surtout pour windows) commence à ravager l’ensemble).
    Maintenant en parallèle aux évolutions de KDE, que restera-t-il à Gnome quand la pléthore de nouvelles applications spécialisés (ex Rkward, Audex, Step, skrooge, Blokkal, Digikam…) aura atteint un niveau stable. Gnome risque de ne conserver que les seuls utilisateurs exigeant peu de leurs programmes.
    Donc Oui… et non…

  18. Manudwarf
    30/11/2009 à 19:45 | #18

    KDE 3 était aussi stable et plus fonctionnel que Gnome en son temps, pourtant il est resté cantonné à des distributions « marginales » (Mandriva et OpenSuSE principalement). Gnome possède une réelle simplicité et une interface assez épurée, en résulte un environnement très cohérent et vraiment agréable à utiliser. Maintenant, il faut le reconnaître, entre développer une appli KDE et Gnome, c’est pas tout à fait la même chose ! :D

  1. 12/10/2009 à 17:30 | #1
  2. 12/10/2009 à 18:40 | #2