Lifting pour Ubuntu.

04/03/2010

Le voilà enfin !! Après plusieurs années d’attente, Canonical a publié le nouveau dessin de la marque Ubuntu. Au menu, nouvelles couleurs, évolution des logos, de la typographie et changement de thème.

L’actuel thème n’a en effet que peu changé depuis le lancement de la distribution en 2004. C’était donc devenu une demande récurrente de beaucoup d’utilisateurs.

En 2009 une équipe avait été mise en place pour refondre le thème et l’aspect général d’Ubuntu, mais depuis cette époque, peu de nouvelles avaient filtrés sur le travail effectué. Ce n’est que ces derniers jours que l’on avait pu noter divers rumeurs sur une annonce importante à venir.

Nouveaux logos :

Toutes les marques liées à l’environnement d’Ubuntu vont faire l’objet d’une refonte de leur aspect, même si pour l’instant Canonical n’a présenté que certaines d’entre elles. ( Il manque par exemple le nouveau logo de Kubuntu ) :

- Ubuntu :

Logo Ubuntu
Nouveau logo Ubuntu

-Xubuntu :

Logo Xubuntu

-Canonical :

Logo Canonical

- Logo des sites communautaires :

Logo Ubuntu QA

Nouveaux thèmes :

voici le nouveau thème, avec en premier lieu le thème de l’écran de chargement :

Ecran de chargement Ubuntu 10.04

Les deux nouveaux thèmes GTK :
Le thème clair qui viendra remplacer le thème « Human » après 6 ans de bons et loyaux services. Il présente des couleurs très claires et un fond d’écran à dominante violette.

Thème clair Ubuntu

Le thème sombre qui viendra se substituer au thème « DarkRoom » :
Thème sombre Ubuntu

On peut voir que la décoration de fenêtre adopte un positionnement des boutons sur la gauche un peu particulière. Le thème est simple et clair et les info bulles sont maintenant de couleur violette transparente.

En 2004, pour le thème Human l’idée était de faire ressortir les couleurs « Humaines » avec une palette de couleur chaude marron/orange/rouge. Aujourd’hui, en 2010, le mot utilisé pour définir les couleurs est basé sur la « Lumière », la « clarté », avec plus de blanc et gris clair et un orange assez lumineux.

Voilà pour le principal. Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la page du Wiki ici : https://wiki.ubuntu.com/Brand.

On devrait également disposer de nouvelles informations ces prochains jours, avec l’implémentation de ces nouveaux éléments dans Lucid Lynx. Personnellement je suis curieux de voir comment sera le thème du GDM.

Ubuntu 10.04 : Ipod, Ipod Touch, Iphone

15/02/2010

Iphone et Ubuntu

Véritable succès commercial, les produits mobiles Apple sont aujourd’hui présents dans presque tous les pays. Malgré une politique contestable et souvent en opposition avec l’esprit des logiciels libres, on compte sous notre distribution de nombreux clients d’Apple.

Ces utilisateurs étaient jusqu’à présent confrontés au problème de synchronisation. Faute de client compatible sous linux, il est en effet difficile,voir impossible de réaliser cette synchronisation, et bien souvent, il est nécessaire de hacker son appareil. Beaucoup de personnes préfèrent donc utiliser une partition Windows pour réaliser cette opération.

Différents projets sont en cours pour résoudre ce problème. Notamment le projet Gtkpod, qui contient la librairie de synchronisation LibGpod et l’interface graphique Gtkpod. Ces 6 derniers mois le projet à connu une rapide évolution offrant une compatibilité accru.

De fait, avec Ubuntu 10.04, Gpod est disponible dans sa dernière version 0.99 (contre 0.7 sous Karmic ) auquel vient s’ajouter de nouvelles librairies de gestion USB pour les Ipod Touch et Iphone. De quoi améliorer fortement la support des Iphones et Ipods.

Peut être une raison de moins de garder une partition Windows…

Page du projet Gtkpod

NB : N’ayant aucun appareil Apple, je n’ai pas pu faire de test. Donc pour ceux qui utilisent ce genre d’appareil n’hésitez pas à poster vos commentaires et témoignages.

Ubuntu Lucid : Première version du manuel utilisateur.

13/02/2010

Initié il y a plusieurs semaines, le projet de création d’un manuel complet pour l’utilisation d’Ubuntu, vient de passer une étape importante avec la publication d’une première version préliminaire.

Ubuntu user manual

L’objectif ambitieux vise à atteindre un livre de 150 pages, traduit en 30 langues différentes.

Ce livre s’adresse principalement aux nouveaux utilisateurs et aux débutants qui trouveront via cet ouvrage tous les détails pour partir à la découverte de leur nouvelle distribution : du téléchargement des ISO jusqu’à la découverte des différents logiciels du système.

Actuellement on est déjà à plus de 80 pages avec cette pré-version, le contenu principal est maintenant complet mais il manque encore quelques détails importants comme les captures d’écran, qui devraient arriver prochainement. La version définitive sera fournit le 18 mars prochain, laissant un mois de travail pour traduire dans les différentes langues, et sera disponible dans les dépôts principaux d’Ubuntu ou au format html sur le site de Canonical, le tout, sous licence Creative Commons Attribution–Share Alike 3.0.

Même si dans le monde francophone nous disposons déjà de l’excellent livre Simple comme Ubuntu réalisé par Didier Roche, on peut se féliciter du travail accompli ici par la communauté.

télécharger le manuel en anglais

EDIT : Voici le lien vers le projet pour ceux qui veulent avoir plus de détails et participer au projet.
Page du wiki

Logithèque Ubuntu et Lucid Lynx.

14/12/2009

Ubuntu Logithèque

Apparut avec Ubuntu 9.10, la logithèque vise à remplacer à terme l’ensemble des logiciels de gestion de paquets et à faciliter l’installation, la gestion et la mise à jours des logiciels. Actuellement, la version présente sous Karmic est considéré comme la Version 1. La version 2 qui va faire son apparition avec Lucid devrait apporter de nouvelles fonctionnalités :

- Notes et commentaires des utilisateurs : Premier chantier en cours, la possibilité pour les utilisateurs de pouvoir noter les applications et paquets, et poster des commentaires. Chacun pourra également proposer des suggestions aux mainteneurs des paquets – Modification de la description, nouveau tags, changement de catégories, etc… -.

Comme c’est déjà le cas pour Ubuntu One ou Apport, l’ensemble du système sera géré via un compte Launchpad. Dans le but d’identifier les utilisateurs et stocker les informations.

Les paquets ou dépôts tiers pourront aussi proposer ce genre de données ( notations et commentaires ) via l’intégration de métas données directement dans les paquets.

- Extension des fonctionnalités : Actuellement la logithèque permet d’installer uniquement des logiciels. Pour la version 2, il est prévu d’offrir une alternative à Synaptic (gestionnaire de paquets avancé) et gdebi ( le gestionnaire d’installation des paquets).

Pour remplacer synaptic, une nouvelle catégorie « paquet système » va faire son apparition dans la logithèque. Elle contiendra tous les paquets qui ne sont pas des logiciels, et pourrait être accompagné d’un moteur de recherche plus complet.

- Intégration de sous catégorie : Les logiciels devraient intégrer une solution plus complète de classement. Actuellement seul la catégorie principale est présente, ce qui est insuffisant au vu de la quantité de logiciels et paquets disponibles. Pour une meilleure organisation les logiciels devraient donc être divisés en différentes sous-catégorie.

- Historique est suivi des actions : Un nouveau système de log va être mis en place pour de gérer et de suivre finement les actions effectués par l’utilisateur – Installation de paquets, Mises à jours, … – Ceci devrait permettre à l’utilisateur d’effectuer des recherches avancées plus fine ( par date d’installation ) et au développeur de récupérer des informations d’hypothétiques problèmes d’installation.

- Nouveau thème : Enfin l’apparence et l’ergonomie devrait également faire l’objet d’améliorations.

Gnome Boston Summit 2009

10/11/2009

Gnome

Un nouveau meeting réunissant les membres de Gnome à Boston vient de s’achever. A cette occasion, la blogoshpère en ébullition à laissé transparaitre le déroulement de cet événement. L’équipe d’e-node en profite donc pour réaliser une petite synthèse et vous révéler quelques informations intéressantes.

GTK 3

La nouvelle API de gestion graphique du bureau commence (ndr. enfin !!!) à faire parler d’elle. Les développeurs viennent d’officialiser la nouvelle branche de développement de GTK 3, qui se différencie de ses prédécesseurs par l’absence des bibliothèques GTK dépréciées. Lors de cette rencontre à Boston, un des responsables du projet à eu l’occasion de discuter des défis à venir.

Il est ici question des bases de l’API (et non des détails).

La nouvelle bibliothèque XInput2, développée par l’équipe du serveur graphique, va intégrer GTK 3. Elle lie le serveur graphique à GTK et a pour particularité de gérer le multi-pointage (le multi-touche), offrant ainsi une réelle possibilité d’évolution dans le support des périphériques.

Pour les développeurs, la difficulté se situe alors au niveau de l’incompatibilité d’Xinput2 avec XInput1 (déjà implémenté dans GTK+). Elle implique un gros travail de réécriture pour l’intégrer à GTK, sans gâter les librairies associées. Cette évolution est d’autant plus importante que la première version stable de la bibliothèque XInput2 vient de sortir et qu’elle est officiellement intégrée à X.org depuis la version 1.7.

Une autre avancée considérable — qui devrait être prochainement intégrée à GTK 3 : la gestion et la personnalisation du thème graphique par l’utilisateur et les programmes. Un gros travail est en cours pour offrir une API plus flexible, qui permettra d’intégrer nativement — par exemple — des onglets du type de Google Chrome. Ce travail de rénovation se fait en coopération avec Trolltech (qui développe QT) afin d’offrir une meilleure compatibilité entre les deux gestionnaires graphiques.

Enfin, le dernier sujet important évoqué concernait la possibilité d’intégrer Clutter dans GTK afin de supporter des animations plus poussées.

C’est une bonne nouvelle de voir que le projet GTK 3 avance sérieusement. En effet, alors que le nouveau projet de Gnome 3 est très actif depuis plus d’un an maintenant, l’équipe de GTK n’avait que peu communiqué sur le passage à GTK 3. C’est maintenant chose faite et nous suivrons les évolutions avec intérêt.

Clutter 1.2

Clutter continue de se développer rapidement et se prépare à passer en version 1.2. À ce propos, de nombreux sujets de discussion ont été abordés :

  • l’amélioration des performances générales et la qualité du rendu Open GL.
  • l’intégration de nouvelles fonctionnalités pour les développeurs.
  • l’assimilation par GTK 3.

Nous ne rentrerons pas dans les détails, mais Clutter fait partie des éléments les plus mature du futur Gnome 3 …

Kit d’enregistrement

Une petite équipe a présenté un nouveau système d’enregistrement permettant d’analyser les réactions et le comportement des utilisateurs face à une interface graphique. Ce système enregistre en parallèle 4 flux vidéos différents — via Gstreamer — dont les résultats peuvent être, à postériori, analysés en détail.

Ce travail entre dans le cadre de recherches visant à améliorer l’expérience utilisateur.

Cette équipe — conduite par Novell — pourrait déboucher à terme sur la constitution d’un laboratoire spécifique à l’usabilité, géré par le projet Gnome.

Présentation du travail réalisé sur Gnome-Shell

Jon McCann à de nouveau présenté Gnome-Shell, un an après sa première intervention, donnant l’occasion de se rendre compte du travail réalisé.
De plus, une bonne nouvelle est venue du côté de Red-Hat qui à décidé de s’impliquer à plein temps dans le projet, ce qui devrait encore accélérer son développement.

Pour le reste, la présentation des détails de Gnome Shell à permis d’aborder la refonte de l’interface.

Deux éléments intéressants sont ressortis des discussions :

  • La réflexion autours du nouveau système de notification avancé, qui devrait mieux intégrer le flux d’information au bureau et éviter de noyer l’utilisateur. Il devrait s’appuyer en partie sur l’API (notify-OSD) développée par Canonical.
  • La création d’une nouvelle interface de gestion des contacts. L’idée est, tout en s’inspirant du travail effectué sur Empathy, de changer la façon d’interagir avec ses contacts. Ainsi les contacts ne dépendraient plus d’une application (Evolution, Empathy, …), mais à l’inverse les applications utilisées dépendraient de l’action que l’on souhaite effectuer avec un contact : parler, appeler, envoyer un fichier, envoyer un email, jouer, etc…

Autre intervention sur le sujet — mais sur un autre point technique : l’intégration de solutions orientées Internet, avec l’utilisation avancée de Webkit, Javascript et CSS.

L’idée n’est pas de développer des applications complexes via ces langages, mais de faciliter la création de petites applications et leur interaction avec l’environnement. C’est aussi un bon moyen d’amener les nombreux développeurs web à s’essayer à la création de widgets ou de fonctionnalités pour Gnome-Shell. A l’heure ou la barrière s’estompe rapidement entre les applications Web et les applications de bureau, cette solution parait pragmatique.

Géolocalisation

Après l’expérience utilisateur et l’intégration des réseaux sociaux, un autre des fils conducteurs du futur de Gnome concerne la géolocalisation. Ce thème à beaucoup avancé avec l’arrivée de la bibliothèque Geoclue et de l’interface GTK Libchamplain. Ce système — associé aux donnée libres fournies par Open Street Map — permet aujourd’hui d’offrir des résultats spectaculaires !

Pierre-Luc Beaudoin était chargé de présenter les évolutions du bureau dans ce domaine. Il en a profité pour présenter son projet Emerillion, qui utilise les dernières technologies du monde libre pour offrir un gestionnaire de carte avancé. Le résultat est saisissant et son intégration à Gnome est envisagée.

Cette réunion était aussi l’occasion de démontrer l’efficacité des cartes Open Street Map, qui offrent bien souvent des résultats supérieurs aux cartes propriétaires.

Ainsi, de nombreux sujets ont été évoqués sur l’utilisation de la géolocalisation, que ce soit au niveau des réseaux sociaux ou du monde professionnel …

Gnome Object Introspection

Autre élément central de l’évolution de Gnome, GObject Introspection (GOI pour les intimes) continue son petit bonhomme de chemin. Actuellement, environ 85% des objectifs ont été atteints pour offrir une API opérationnelle.

Pour rappel, GOI est un framework de développement, permettant de créer des programmes avec différents langages tels que Python, C++, Java ou encore Javascript. Le code est ensuite convertit en code C, beaucoup plus efficace mais plus difficile à maîtriser. Une manière de garder un environnement cohérent autour du C, tout en permettant à de nombreux développeurs de travailler facilement sur le projet.

Telepathy

Telepathy — le framework de communication utilisé par Empathy — a fait l’objet de multiples réunions. Ce fut l’occasion de faire le point sur les différentes technologies employées dans ce framework et de soulever les problèmes liés au manque de coordination.

  • MC5 (Mission Control 5) est une librairie développée par Nokia intégrée à Telepathy. Elle permet de simplifier le développement des applications de communication, sans avoir à se préoccuper dans le détail de leur fonctionnement. Cette bibliothèque pose actuellement quelques soucis aux développeurs car de gros changements ont eu lieu entre MC4 actuellement utilisé et MC5, rendant son fonctionnement peu adapté aux besoins des développeurs de Telepathy.
  • Niveau stabilité et sécurité, Empathy et Telepathy se basent sur certaines bibliothèques dépréciées de Gnome. Les développeurs souhaitent donc s’orienter vers la suppression de ces vieilles librairies, ce qui devrait permettre d’intégrer de nouvelles fonctionnalités : visio-conférence à plusieurs, système d’authentification, utilisation de certificats, meilleure gestion des chats, meilleure gestion du statut hors-ligne.
  • OTR (Off-the-Record Messaging) est un protocole de cryptographie qui devrait être intégré, à terme, dans Telepathy.
  • Les tubes qui permettent de se connecter de manière simple et rapide à des services et logiciels entre différents utilisateurs, via les protocoles de messagerie. Cela ouvre de nombreuses possibilités, les applications pouvant communiquer entre elle facilement ; par exemple pour faire du travail collaboratif ou encore accéder à distance à un ordinateur.

Voici donc les quelques éléments qui ont retenus notre attention et qui semblent promettre pleins de bonnes choses ‑ ainsi que beaucoup de travail pour les équipes de développeurs … Le projet Gnome à retrouvé une dynamique forte et GTK paraît repartir sur de nouvelles bases prometteuses.

Il reste toutefois beaucoup de travail et un sortie de Gnome 3 en avril 2010 paraît peu réaliste. On peut donc raisonnablement penser que les grands changements n’interviendront pas avant octobre 2010, voire avril 2011.
Pressentiment qui semble être confirmé par l’équipe de Gnome, qui souhaite continuer le cycle Gnome 2.x jusqu’à la disponibilité d’une versions stable et fiable de Gnome 3 …

Le voie vers Gnome 3.0

10/10/2009

Cet article est une traduction de « Auf dem Weg zu Gnome 3.0 », écrit par Alexandra Kleijn le 18 septembre 2009 et disponible en version originale sur le site Web heise online.

Entretien avec Vincent Untz, responsable de parution de Gnome

Vincent UntzLa version 2.28 de l’environnement de bureau libre Gnome, doit conduire à sa prochaine édition majeure : la version 3.0, qui sortira — si tout se passe bien — au printemps 2010. heise open a eu l’occasion de discuter avec Vincent Untz, responsable de parution de Gnome.

Heise open : Vincent, quel est votre rôle dans le projet Gnome ?

Vincent Untz : Depuis que j’ai rejoint Gnome, je me suis intéressé à divers aspects de ce projet. J’ai commencé par du déboguage et du développement. C’est ainsi que je devins responsable de certains modules de l’environnement Gnome (pas toujours activement, malheureusement, car c’est un travail assez fastidieux). Actuellement, je suis le responsable de l’équipe de parution de Gnome. Je suis également président de la fondation Gnome, ce qui signifie tout simplement que j’y préside le conseil d’administration, mais c’est plus classe de dire que je suis le Président. (ndt dans la version originale, Vincent Untz fait ici un jeu de mot sur sa fonction, malheureusement intraduisible en français …)

L’équipe de parution du projet Gnome s’assure que la partie technique avance sûrement et efficacement et que les nouvelles versions sortent à temps, tout en préservant le niveau de qualité attendu par le public.

La fondation Gnome est une organisation à but non lucratif qui soutient le projet.

heise Open : Avec la version 3.0 — attendue par de nombreuses personnes, une nouvelle ère se dessine pour Gnome. L’expérience utilisateur, un des domaines les plus importants, connaîtra certains changements. Le bureau Gnome actuel est, tant par son apparence que par son usage, très traditionnel. Comment comptez vous changer la vision de l’utilisateur avec de Gnome 3 ?

Vincent Untz : Je n’irais pas jusqu’à dire que le changement était attendu depuis longtemps. Gnome — dans sa forme actuelle — n’est pas parfait, mais nos utilisateurs sont satisfais du fonctionnement de ce bureau, qui n’a cessé de s’améliorer au fil des années. Si on compare Gnome 2.0 à Gnome 2.26 ou Gnome 2.28, on observe des différences énormes. Entre-temps, il y a eu énormément d’évolutions technologiques, rappelez-vous l’avant HAL et DeviceKit …

Cela dit, il est vrai que l’expérience utilisateur de Gnome n’a pas fondamentalement évoluée au cours du cycle des 2.x. Les panneaux, la méthode de lancement des applications et la gestion des fenêtres sont globalement inchangés. La communauté apprécie le travail que nous faisons. Nous avons acquis beaucoup d’expérience depuis Gnome 2.20, ceci nous permet d’améliorer Gnome, qui devient à même d’aider davantage de personnes à réaliser ce qu’elles souhaitent ; et ce que souhaitent les utilisateurs, ce n’est pas utiliser un environnement de bureau, mais ils veulent surfer sur le Web, lire leur courrier électronique, discuter avec des amis, écouter de la musique, écrire des lettres ou de créer des éléments divers et variés …

C’est ça notre but ! Nous voulons faire un environnement de bureau demandant moins d’attention, en le rendant plus intuitif et facile à utiliser, afin que l’utilisateur puisse se concentrer sur ce qui est important à ses yeux. Cela peut ressembler à un bête « Nous allons faire davantage, mieux et plus vite », mais nous sommes plutôt confiants quant aux réelles améliorations qu’apporteront les modifications de l’environnement, à l’instar — par exemple — du nouveau Shell.

Nous voulons aussi un bureau plus esthétique !


Une utilisation intuitive grâce à Gnome Shell et Zeitgeist

heise open : Comment Gnome Shell et Gnome Zeitgeist vont-ils changer la façon dont les gens travaillent sur leurs ordinateurs de bureau ?

Vincent Untz : Gnome Shell représente à lui seul un changement majeur par rapport à Gnome 2.x. Comme une coquille (ndt en anglais, coquille se dit shell ; Vincent Untz fait ici un nouveau jeu de mot) de l’environnement de bureau, il constitue la base de l’interface utilisateur. C’est là que commencent toutes vos activités, ou que vous en changez …


À première vue, un bureau basé sur Gnome Shell ne semble que légèrement différent. On retrouve un panneau en haut de l’écran, qui contient une zone de notification, une horloge, des informations sur les applications au premier plan, ainsi qu’un bouton Activités. Ce dernier bouton active une vue d’ensemble, où vous pouvez lancer une application, ouvrir un document, etc. ; c’est ce que nous appelons des activités.
Cette vue d’ensemble des activités permet d’atteindre un objectif : elle autorise l’utilisateur à réaliser ce qu’il souhaite. Le Shell assure un suivi des actions réalisées, facilitant et accélérant l’exécutions de nouvelles activités.

Le mode Aperçu assure la gestion des fenêtres ouvertes et des bureaux virtuels, directement dans Gnome Shell. Vous pouvez ouvrir sur le bureau de votre choix, des applications mais aussi des documents. Les espaces de travail permettent d’organiser contextuellement les fenêtres, bien que leur utilisation reste difficile à appréhender pour un novice — les nouveaux utilisateurs trouvent généralement ce concept compliqué. Nous espérons que cette fonctionnalité sera plus facile à comprendre et à utiliser avec l’ajout et la suppression dynamique des bureaux virtuels.

Un autre changement majeur réside dans le fait que Gnome Shell soit centré sur les applications, en opposition au système actuel basé sur les fenêtres. Tous les avantages de Gnome 3.0 ne seront pas forcément évidents, mais l’idée de base consiste à éviter de relancer une application déjà ouverte. Sont également présentées à l’utilisateur les actions en cours d’une application, il est donc facile — par exemple — de basculer d’un document à un autre, au sein d’un même programme.

Enfin, nous voulons rendre le système de notifications moins intrusif, de sorte qu’il ne distraie pas l’utilisateur de son occupation, tout en lui permettant d’y réagir plus facilement ; en offrant — par exemple — de répondre à un message instantané directement dans la notification.

Ce qui a motivé le projet Zeitgeist, c’est la difficulté actuelle de retrouver des documents spécifiques sur un ordinateur. Si le document est un fichier, au sein de l’ensemble du système de fichiers, il est nécessaire de se rappeler du chemin complet d’accès au dit document. Il est plus simple de rechercher par libellé, par date ou par rapport à un autre document (ex. au moment ou je travaillais sur ce tableau, j’écoutais ces balados …)

Zeitgeist est un projet en gestation, il est très difficile de trouver la bonne manière de présenter et de rechercher les informations qu’il stocke. Nous avons déjà un prototype qui fonctionne et certains travaillent déjà à l’intégration de ses fonctionnalités dans Gnome Shell.


La philosophie de Gnome: Ergonomie

heise open : Gnome est souvent critiqué pour son manque d’options de configuration. Sera-t-il plus facile à l’avenir de modifier la configuration du bureau, ou les utilisateur devront-ils continuer à utiliser gconf-editor et gconftool ?

Vincent Untz : Pour ce cas, je pense qu’il est important de préciser notre philosophie. Ce n’est pas que nous ne nous soucions pas des besoins ou des envies des utilisateurs. Au contraire ! Nous voulons que Gnome dispose des meilleures interfaces graphiques, mais il s’avère que proposer trop d’options a tendance à perturber l’utilisateur et n’entre donc pas dans nos objectifs.

GconfC’est pour cette raison que nous n’offrons pas de modifier tous les paramètres ; du moins pas dans l’interface utilisateur. Il est vrai que certaines options — sous-utilisées ou trop avancées — ne peuvent être modifiées que par gconf.

Notre philosophie à ce propos n’a pas changée. Cela ne veut pas dire que ces options doivent rester cachées à jamais. Je crois qu’un outil de configuration dédié à une modification facile de ces options a sa place. Il ne doit pas être bien difficile de développer un tel logiciel et je suis sûr qu’il serait accueilli avec beaucoup d’enthousiasme.

heise open : Gnome s’est toujours beaucoup concentré sur l’ergonomie et l’accessibilité. Pensez-vous que celles-ci seront victimes des nouvelles fonctionnalités de Gnome 3.0 ? Je pense à KDE 4.0, paru en janvier 2008, qui était impressionnant mais ne convenait pas à une utilisation en production.

Vincent Untz : Nous ne voulons pas que Gnome 3.0 sorte s’il n’est pas prêt. Toutes les versions de Gnome 2.x étaient stables et nous en somme fier. Nous ne voulons pas perdre cette réputation.

Nous voulons que Gnome 3.0 sorte en mars 2010, mais si ce n’est pas réalisable — pour les raisons sus-dites, nous ne voyons aucun problème à repousser l’échéance à septembre 2010. C’est une décision que nous prendrons en novembre, lorsque nous nous assureront d’être en bonne voie, via l’examen des modules. Si mars n’est pas réaliste, Gnome 3.0 sortira à l’automne.

Bien entendu, Gnome Shell modifiera beaucoup l’expérience utilisateur. Lors de changements aussi importants, il y a toujours des mécontents qui trouvent l’ancienne version de meilleure qualité. Cependant ce ne sera pas parce que la nouvelle version est mauvaise que ces gens seront mécontents, mais à cause de leurs habitudes (il pourrait y avoir de petites régressions ici et là, il y en a toujours avec le développement logiciel, mais une régression majeure serait disqualifiante pour cette version). Pour nous, rendre Gnome 3.0 si bon que les gens lâcheront leurs habitudes sans hésiter est un défi. Nous souhaitons aussi conserver quelque temps l’apparence de Gnome 2.x en option.

Je tiens aussi à souligner que les outils d’accessibilité sont en cours de réécriture. Ils seront basés sur D-bus, en lieu et place d’ORBit et seront donc utilisables dans d’autres environnement de bureau, en particulier KDE. C’est une mission importante et qui avance bien. Les testeurs sont les bienvenus !

heise open : A qui est destiné Gnome ? Pensez-vous que Gnome soit aussi bon pour les débutants que pour les habitués de Linux (ndt le terme exact étant GNU/Linux) ?

Vincent Untz : Je ne crois pas qu’il y ait de différence fondamentale entre un débutant et un utilisateur expérimenté. Ces deux catégories de personnes utilisent leur ordinateur pour exécuter des tâches spécifiques. Vous pouvez trouver des utilisateurs de Gnome heureux dans chez les débutants et chez les habitués.

Nous développons Gnome pour la majorité et nous le faisons en créant une interface intuitive et agréable contre laquelle ils n’ont pas à se battre. Gnome est flexible, ce qui explique qu’il s’adapte aussi bien à des tâches familiales, qu’à un travail de bureau. Le fait que nous visions la grande majorité des utilisateurs de Linux explique aussi pourquoi la régionalisation et l’accessibilité sont si importantes pour nous.

Bien entendu il y a des gens qui, pour diverses raisons, ne sont pas satisfais de Gnome. Ça n’est pas un problème : nous ne pouvons pas convenir à tout le monde et nous le comprenons. Heureusement, il y a d’autres environnements de bureau comme XFCE ou KDE, avec des aspects différents et des philosophies différentes. Ce sont de bonnes alternatives pour les personnes qui ne veulent pas utiliser Gnome.


Gnome et les miniportables (netbooks)

heise open : Gnome est il adapté aux petits écrans ? C’est l’avenir. Y-aura-t-il une détection automatique des petits écrans, de sorte que l’utilisateur n’ait même pas à modifier la taille des ses polices ?

Vincent Untz : C’est l’un des objectifs de Gnome Shell : nous voulons qu’il fonctionne aussi sur les petits écrans, sans qu’il y ait de gros changements à opérer.

Reprenons l’exemple des polices. Je ne pense pas qu’il y ait de solution d’auto-détection magique pour changer leur taille. En effet, de nombreux facteurs sont à prendre en compte. En dehors de la taille de l’écran, il faut considérer sa résolution, ainsi que les goûts et la perception de l’utilisateur. Un écran où tout est si petit qu’on peut à peine le lire n’est pas non plus agréable. Néanmoins, c’est un sujet sur lequel nous pourrions nous pencher à l’avenir.Icône du logiciel Cheese

Plus généralement, une équipe de Gnome travaille déjà pour adapter chacune des applications aux miniportables. Pour l’exemple, notre lecteur d’images Eye of Gnome et l’application dédiée aux webcams Cheese disposent en natif, dans Gnome 2.28, d’un mode pour les miniportables ; et même si ici-et-là il y a encore quelques défauts, nous sommes en bonne voie et Gnome fonctionne très bien sur les miniportables.

Heise open : Question inverse : comment Gnome tire-t-il parti des écrans plus larges ?

Vincent Untz : Je pense que Gnome fonctionne déjà très bien sur ce type d’écrans. Le problème principal vient de la maximisation des fenêtres, qui deviennent tout simplement trop grandes. Organiser les fenêtres en mosaïque peut être une solution ; il y a même des outils dédiés, comme WinWrangler qui effectue simplement ce type d’actions. Nous avons prévu d’implémenter ce genre de fonctionnalités dans Gnome Shell, mais ce n’est pas encore prêt, pour autant que je le sache.


Gnome et les mobiles

Heise open : Que devient Gnome Mobile ? Où trouve-t-il sa place parmi des projets tels que Moblin ou Android ?

Vincent Untz : Gnome Mobile se porte bien ! La plate-forme de Gnome sert à divers systèmes, non seulement sur des distributions de bureau Linux, mais aussi sur Maemo et Moblin, que ce soit avec des GPS ou du matériel médical. Gnome Mobile est déjà utilisé avec de nombreux produits, et le sera encore plus à l’avenir.

Gnome Mobile a deux visages :

  • C’est un forum (dans le sens lieu de débat et non forum Web) dans lequel les entreprises peuvent coopérer, alors qu’en dehors elle sont en compétition. Nous ne l’avions pas prévu, mais il apparaît que les entreprises avaient véritablement besoin d’une zone neutre pour discuter technique.
  • C’est une compilation logicielle que les entreprises peuvent utiliser pour créer une plate-forme complète pour leur matériel. Avec Gnome Mobile, nous ne nous positionnons pas comme un fournisseur de plateforme finie — à l’instar de Moblin ou d’Android, mais comme des pionniers ; c’est pour cela que nous ne sommes pas en concurrence avec ces systèmes et qu’au contraire, nous essayons de travailler avec eux.

Nous n’avons pas de relations directe avec Android, mais nous travaillons très étroitement avec Moblin. De nombreuses personnes travaillant sur Moblin viennent de la communauté Gnome et ces plateformes ont beaucoup en commun. Saviez-vous que Moblin était basé sur Mutter, tout comme Gnome Shell ? De même, nous sommes relativement proche des développeurs de Maemo qui travaillent avec nous depuis longtemps.


Nettoyage de printemps

heise open : Gnome 2 est sorti en 2002. Depuis, une grande quantité de code devenu inutile a certainement été accumulée. La prochaine version majeure serait une bonne occasion de se débarrasser des bibliothèques et des APIs (interfaces de programmation) obsolètes. Quels sont vos projets ?

Vincent Untz : Bien évidemment, Gnome 3.0 est une bonne occasion de purger notre environnement et de définir des stratégies cohérentes. En fait, nous avons même déjà commencé en déplaçant certaines APIs (depuis libgnomeui vers GTK+) et en arrangeant certains ensembles. Un bon exemple est la réécriture de gnome-vfs, qui nous a mené à la création de gvfs, de la bibliothèque Gio et au nouveau système de fichiers virtuels.

Nous allons supprimer les bibliothèques obsolètes de la plateforme Gnome et si elle ne sont plus nécessaires à Gnome, nous allons cesser de les publier en tant que part du système. Il est évident que des personnes continueront de travailler avec ces bibliothèques, si elles en ont besoin. C’est le principe du libre, ce n’est pas parce que quelque chose ne fait plus partie de Gnome que sa fin est inéluctable !

Pour ce qui est des librairies restantes, nous allons retirer les APIs obsolète de Gnome 3.0, à moins quelles ne soient très utilisées.

Pour ce faire, nous avons mis en place le plan de nettoyage « A bas le codage douteux ». Nous allons procéder étape par étape. Gnome 2.28 bénéficie déjà de ce travail. Gnome ne dépend déjà presque plus des composants libgnome, libgnomeui et gnome-vfs. Aussi, si vous retirez les panneaux et les appliquettes, la librairie Bonobo disparaît pratiquement.

Bien entendu, de nombreuses applications de Gnome ne font pas officiellement partie de l’environnement de bureau. La plupart d’entre elles continueront de fonctionner ; les bibliothèques que nous retirons de notre plateforme restent disponibles et les versions antérieures des bibliothèques, ainsi que leur APIs dépréciées, devront être installées en parallèle.

Bien entendu, nous encourageons les développeurs à adapter leurs applications à la nouvelle plateforme et à ne plus utiliser les APIs obsolètes. Nous l’avons nous même fait pour Gnome et nous avons veillé à améliorer nos logiciels. Les avantages de cette démarche sont d’avoir moins code source, moins de bogues et de faciliter l’ajout de nouvelles fonctionnalités.


De nouvelles technologies

heise open : De nouvelles technologies et APIs vont aussi voir le jour. GTK+ 3.0, bien qu’encore loin, pointe aussi à l’horizon. Comment le projet Gnome va-t-il gérer ces nouveaux développements ?

Vincent Untz : Une grande partie du développement de Gnome 3.0 consistait à définir ce que nous voulions faire de notre plateforme. Comme je l’ai dit précédemment, nous retirons les APIs obsolètes. Pour ce qui est des nouvelles technologies, nous nous sommes aussi préparés à les intégrer. Je pense spontanément à Clutter et à gobject-introspection. Tous ces changements sont prévus depuis plusieurs versions et notre communauté a déjà réfléchit aux nouvelles technologies qu’elle souhaite intégrer.

Le plus dur reste donc d’assurer une bonne épuration de la plateforme Gnome, avant de commencer à utiliser les nouvelles technologies. Mais ce n’est pas si difficile que çà, car la plupart des gens sont très enthousiasmés par ces nouveautés.

heise open : Les bases de certaines nouveautés Gnome 3.0 sont déjà inclues dans Gnome 2.28. Je pense à Mutter, basé sur une association de Clutter et de Metacity, qui est le fondement de la nouvelle gestion des fenêtres. À quels autres changements avant-coureurs de Gnome 3.0 peut-on s’attendre dans Gnome 2.28 ?

Vincent Untz : En effet, Gnome 2.28 est souvent considéré comme une étape majeure vers Gnome 3.0. Les développeurs, qui travaillent sur les nouveaux modules que nous espérons intégrer à Gnome 3.0, proposent déjà des pré-versions. Vous pouvez donc tester ces nouveautés qui représentent en partie l’avenir de Gnome.

Ce qui est intéressant avec Mutter, ce fork de Metacity, ce n’est pas tant la gestion des fenêtres ; mais c’est que Gnome Shell se base sur Mutter pour garantir une expérience utilisateur totalement nouvelle. Pour exemple, Gnome Shell peut déjà être testé sur Fedora (ndt et sous la bêta d’Ubuntu Karmic Koala 9.10). C’est la cas aussi pour Zeitgeist, ainsi que pour certains jeux Gnome qui ont vraiment progressé. De nombreux jeux ont été adaptés à Clutter et sont maintenant codés en Javascript.

Un gros travail d’assainissement a déjà été effectué sur notre plateforme, afin de disposer d’une Gnome 2.28 épurée avant d’y intégrer les modules de Gnome 3.0. Bien que ce travail ne soit pas directement visible, il amène une plus grande cohérence entre les différentes applications, tout en utilisant moins de bibliothèques, ce qui augmente l’attrait de Gnome auprès les développeurs. La plateforme de Gnome propose déjà un écosystème dynamique aux applications qu’elle héberge et toutes ces améliorations profiteront aussi à ces mêmes applications.

heise open : Une dernière question : Le projet KDE semble se diriger vers le « Bureau social », avec un système de géolocalisation. Les premières évolutions allant dans ce sens seront disponibles dans KDE 4.3, qui sortira en août. Gnome prépare-t-il quelque chose de similaire ?

Vincent Untz : Nous ne parlons pas vraiment de « Bureau social » pour Gnome (je pense même que certaines personnes n’aiment pas ce terme) mais nous intégrons des fonctions similaires. La géolocalisation et la connexion à certains services Web son autant d’exemples des efforts techniques fournis par les développeurs de Gnome. Vous pouvez déjà localiser vos contacts avec le logiciel de communication instantanée Empathy, ou encore définir des géolabels sur vos photos. Depuis un certain temps, vous pouvez aussi visionner les vidéos Youtube directement depuis Totem.

L’équipe de Gnome s’intéresse aussi à l’intégration des services en ligne courants au sein même des applications Gnome. À ce propos, la version 2.28 représente déjà une nette évolution et je suppose que cette tendance va se poursuivre.

Les petites nouvelles du samedi (n°4)

03/10/2009

Canonical : Vérifiez que votre ordinateur est compatible avec Ubuntu

A l’occasion de la Linux Fest d’Atlanta, l’équipe Ubunu chargée du noyau à présenté un tout nouveau logiciel, permettant de tester son matériel. Le but affiché est de faciliter la migration, en permettant à l’utilisateur de vérifier rapidement la compatibilité – ou non – de son ordinateur avec Ubuntu.

Cette application s’installe sur une clé USB.

Le processus dure jusqu’à vingt minutes. Une fois terminé, il indique à l’utilisateur l’état de compatibilité de ses composants avec la dernière version d’Ubuntu. L’usager peut également transmettre les résultats de ce test, afin d’aider Canonical à résoudre les problèmes relatifs au matériel présent sur la machine.

Toujours au cours de la Linux Fest, Canonical a fait circuler des clés USB de test. Les personnes particiapant à cette manifestation ont donc pu tester leurs ordinateurs et renvoyer les résultats.

L’expérience ayant été concluante, Canonical pense proposer prochainement ce logiciel en ligne.

Le gestionnaire de photo Solang passe en version 0.3

Le nouveau projet de gestion de photos – destiné à devenir un challenger de taille à Fspot – vient d’être publié en version 0.3.

Pour ce qui est des nouveautés, on trouve :

  • Un nouveau Logo et de nouveaux icônes.
  • La possibilité d’exporter un groupe de photos vers un répertoire.
  • Une capacité d’édition améliorée, utilisant le moteur de rendu GEGL qui permet de gérer la luminosité, le contraste, la saturation et la taille.
  • L’intégration d’un graphique de détail des photos.
  • La possibilité de copier les modifications réalisées sur une photo vers un groupe de photos.
  • Une améliorations de l’interface.

Après test, il apparaît que l’ensemble reste encore instable et bogué, mais que le développement avance rapidement. On peut donc espérer une version sous un an.

Vous pouvez retrouver un descriptif de l’application et des liens relatifs dans la rubrique projets Gnome.

La bêta d’Ubuntu 9.10 est de sortie

La bêta d’Ubuntu 9.10 – dixit Karmic Koala – est sortie comme prévu le 1 Octobre.

La séquence de démarrage a bien avancé et le logiciel Ubuntu Software Center (ou Logithèque Ubuntu en français) a été intégré à la distribution.
Gnome 2.28 en version finale, ainsi que tous les logiciels associés et de nombreux autres paquets en version définitive ont aussi été mis à jour.

Ubuntu 9.10 entre donc dans une phase intensive de déboguage et de peaufinage, qui devrait nous amener à la pré-version (release candidate) qui sortira le 22 octobre.

Télécharger Ubuntu 9.10 bêta – 32 bits
Télécharger Ubuntu 9.10 bêta – 64 bits

Ubuntu 10.04, tout simplement lucide

Résultat de l’accord avec Debian ? Volonté de proposer une LTS à toute épreuve ? Toujours est-il que l’équipe de développement d’Ubuntu a décidé de changer ses habitudes …
Une fois n’est pas coutume donc, Ubuntu 10.04 Lucid Lynx LTS ne disposera que de trois versions alpha, mais tirera profit de deux bêtas pour affiner et parfaire la distribution.

Le 25 juillet 2008, Mark Shuttleworth s’était donné 2 ans pour faire d’Ubuntu une distribution hors-norme, pour passer « d’une distribution stable, utilisable et moche, à une œuvre d’art ».

Canonical suit donc à la lettre le slogan affiché par le nom de code de sa future LTS : lucidité ! Et effectivement, deux bêtas ne seront pas de trop pour faire d’Ubuntu 10.04, une version à la hauteur des aspirations de Mark et de la communauté …

Les petites nouvelles du samedi (n°3)

26/09/2009

Ubuntu et IBM en Afrique

IBM et Canonical ont annoncé – lors du dernier salon IDF – leur intention de proposer des netbook basés sur la distribution Ubuntu et une suite logicielle IBM pour le continent Africain.

Ce package est constitué de la messagerie électronique Lotus Live, de logiciels de traitement de texte et de feuilles de calcul, ainsi que d’outils de communication unifiés et de réseaux sociaux.

Le but affiché par IBM est de contrer l’offensive de Microsoft sur le continent. Cette solution permettrait ainsi de proposer des solutions complètes et sans limitation à bas prix, contrairement à Microsoft qui bride souvent sa gamme pour justifier un prix plus faible.

Ubuntu Moblin Edition

Toujours à l’IDF, Intel a annoncé, en partenariat avec Canonical et Dell, l’arrivée de netbooks basés sur la technologie Moblin, avec pour base la distribution Ubuntu. L’avantage ici, serait de proposer une solution peu coûteuse, performante et supportée par Canonical. Une bonne opportunité de démocratiser ces solutions, même si elle vise pour le moment les utilisateurs avertis et/ou les développeurs qui souhaitent travailler sur cette plateforme.

Des nouvelles de Zeitgeist

Zeitgeist continue son bonhomme de chemin. Une des interfaces proposé pour l’utilisation de l’API Zeitgeist continue d’évoluer, avec le support de l’équipe expérience utilisateur d’Ubuntu.

Gnome Zeitgeist

Le moteur s’améliore encore et on s’approche de la sortie de la version 0.3, qui devrait apporter de nombreuses améliorations, avec la prise en compte du temps passé sur chaque document et application. La pertinence des résultats a aussi été bonifiée, et l’ensemble interagit mieux avec le gestionnaire d’archivage Tracker. Enfin, les premiers éléments du bureau sémantique – comme pour le projet Nepomuk – ont été mis en place.

Thunderbird 3 bêta 4

La bêta 4 de Thunderbird 3 est de sortie.
Totalement écrasé par le développement son grand frère Firefox, ce client de messagerie avance difficilement, mais avance.
Cette bêta 4 propose donc quelques nouveautés :

  • L’interface graphique et l’ergonomie ont été revues
  • Les recherches peuvent se faire via 6 filtres différents
  • Les onglets font leur apparition (fini les fenêtres multiples)
  • Un gestionnaire de greffons similaire à celui de Firefox a été intégré

Cette nouvelle version de Thunderbird devait initialement sortir début 2009, sortie qui – à l’instar de celle de Firefox – avait été repoussée. Depuis, aucune date officielle n’a été avancée et de nombreuses rumeurs courent sur un abandon éventuel du projet …
Affaire à suivre.

Ubuntu 10.04 Lucid Lynx LTS sans GNOME 3.0

Tout le monde – ou presque – attendait une Lucid Lynx 10.04 qui chamboulerait les habitudes en intégrant Gnome 3 … Raté !
Mark Shuttleworth a surpris en annonçant sa volonté de tirer le meilleur parti de Gnome 2 pour la future LTS.
Un peu décevante, cette annonce est cependant logique. Gnome 3 apportera de nombreuses nouveautés et leurs lot de bogues inévitables. Une version de long support ne peut se permettre de se traîner une nouveauté bancale pendant 3 ans. La sagesse incite donc à reporter l’intégration de la future version de Gnome à Ubuntu 10.10, pour proposer une LTS d’une stabilité à toute épreuve.

Vala 0.7.6

Vala est un langage de programmation orienté objet, adapté à Gnome et à GTK+. Bien qu’encore perfectible, ce nouveau langage d’interfaçage avec C s’approche de la maturité.
Ainsi, cette nouvelle version améliore le support des fonctions de rappel, des closures et des méthodes asynchrones des serveurs D-Bus.

Rumeur : une nouvelle interface graphique pour Gimp 2.8 ?

M+M Works, une société spécialisée dans l’ergonomie des logiciels libres, réfléchit très sérieusement au futur de l’interface graphique du célèbre logiciel de manipulation d’images GIMP.
La problématique est la suivante : de nombreuses personnes (environ 1 sur 2) demandent une interface mono-fenêtre pour GIMP. Il est vrai que si le multi-fenêtre n’est pas gênant sous GNU/Linux ou MacOS, il reste très handicapant sous Windows et peut, de toutes façons, être déstabilisant pour l’utilisateur.
Afin de ne flouer personne, M+M Works a donc réfléchi à une interface qui serait utilisable à la fois un mono et en multi-fenêtres :

Une nouvelle interface pour GIMP

M+M Works semble même prête à développer elle même cette nouvelle interface et souhaite le faire au plus vite.
L’affaire reste en suspens en attendant la réaction des développeurs de GIMP.

Gimp 2.8 : « ENFIN ! »

24/09/2009

C’est ce qu’on appelle « le cri du cœur » !

Mais pourquoi ce « ENFIN ! » ? Avant de débuter cet article – qui présentera les différentes évolutions apportées par GIMP 2.2 – il est important d’introduire ce projet, pour ceux qui ne le connaissent que peu ou prou.

Une courte introduction …

GIMP (GNU Image Manipulation Program) est un logiciel de traitement d’images bitmap (image composée de pixels). C’est un de ces projets phares, une icône qui – à l’instar de Firefox, OpenOffice.org ou encore Blender – a donné ses lettres de noblesses au logiciel libre.
Créé en 1995 par Spencer Kimball et Peter Mattis, il est devenu, en presque 15 ans, un logiciel incontournable du traitement de l’image, utilisé tant par les professionnels que par les amateurs ou simples initiés.

Malgré tout, GIMP a longtemps souffert de la comparaison avec son grand frère Photoshop®. Il faut avouer que, nonobstant ses progrès et son évolutivité impressionnante, GIMP n’a jamais su rattraper le retard technique qui le séparait de son principal homologue propriétaire …
En effet, de nombreuses fonctions de base manquaient à GIMP pour prétendre remplacer efficacement le produit phare de la société Adobe®. Ainsi, des effets qui devraient se faire en un tour de main demeurent ardus, sans parler des effets plus complexes et de l’ergonomie parfois douteuse. Pire, GIMP était – il y a peu – incapable de gérer le CMJN (couleurs d’imprimerie) et n’en est toujours pas capable nativement. Seul l’installation du greffon Separate+ permet – plus ou moins efficacement – de contourner ce problème ; sans cela, GIMP est limité aux créations RVB (couleurs écran) …

Cependant, GIMP reste le seul vrai concurrent de Photoshop® et, dans le but de combler les diverses lacunes de ce logiciel, les développeurs ont marqué un très net virage dans son développement.
Ainsi, une équipe d’ergonomes a prit part au projet et la version 2.6 de GIMP a vu le jour. Les algorithmes de redimensionnement on été réécris, l’interface a été améliorée et enfin, la bibliothèque GEGL a été intégrée.

Avec tout cela, GIMP était prêt à évoluer …

GIMP 2.6 a donc tracé la voie pour des changements en profondeur. C’est ainsi que la future version de GIMP (la 2.8) s’apprête à faire tomber les arlésiennes.

Des nouveautés attendues depuis … longtemps !

Maintenant que le les bases sont posées, nous allons pouvoir présenter ces différentes améliorations que proposera GIMP 2.8.

  • Le groupement de calques
    Pouvoir faire des groupes de calques … Cette fonction peut paraître inutile, voire ridicule si vous ne faites que retoucher vos photographies avec GIMP, mais pour une utilisation professionnelle, ne pas disposer de cette option était vraiment handicapant et même un frein à la migration vers GIMP …
    En effet, lorsqu’on créé des maquettes de sites Web, des affiches ou autres éléments complexes, le nombre de calques augmente très rapidement et il devient vite difficile de s’y retrouver.
    Les développeurs se sont donc penchés sur la question, afin de proposer une gestion de tri des calques.

    Le groupement des calques sous GIMP 2.8

    Il devient alors possible de hiérarchiser ses calques, de déplacer et/ou de gérer la visibilité de groupes de calques … Bref, de gérer des travaux complexes sans être totalement perdu.

  • Éditer du texte dans le canevas
    Devoir éditer du texte dans une fenêtre et non directement sur le canevas était une bizarrerie désagréable, à laquelle il était temps de remédier.
    Il est donc maintenant possible d’éditer le texte directement dans la zone de texte.
    Que les puristes se rassurent, il suffit d’une simple case à cocher pour revenir à l’ancienne configuration.

    Éditer le texte directement dans le canevas sous GIMP 2.8

    Il demeure – malheureusement – impossible de formater différemment des mots au sein du même texte et le formatage se fait donc toujours par bloc. De même, il reste nécessaire de sélectionner d’abord le calque, avant de sélectionner le texte à modifier …

  • Enregistrement et export
    La politique d’enregistrement et d’export a été entièrement revue. Ainsi, l’enregistrement est dédié au format xcf (format d’enregistrement de GIMP) …

    L'enregistrement

    … alors que la fonction d’export permet de compresser sont travail dans un autre format, tel que le PNG, le JPEG, le TIFF, etc.
    Au passage, GIMP en profite pour intégrer le support du JPEG 2000.

  • Une nouvelle gestion des brosses
    Autre nouveauté importante : il est permis d’effectuer une rotation sur les brosses, très pratique pour une utilisation avancée du pinceau sous GIMP !

    Rotation de la brosse sous GIMP 2.8

    Bien entendu, la gestion dynamique des brosses (apparue dans GIMP 2.6) profite de cette nouveauté.
    Un nouveau jeu de brosse vient compléter le panel déjà présent.

  • Et beaucoup d’autres choses
    • Des libellés ont été ajoutés pour plusieurs outils, tels que le pinceau, les motifs ou encore les dégradés. Ces libellés facilitent l’organisation des différentes éléments de ces outils.

      Les libellés sous GIMP 2.8

    • Les calques vectoriels, qui devaient être intégrés dès 2006, ont de bonnes chances d’être mis en place pour GIMP 2.8.
    • Une fonction de calcul a été implémentée directement dans les champs de saisie.

      Le calcul dans les champs de saisie sous GIMP 2.8

    • Une réorganisation contextuelle des modes de calque a été effectuée, afin d’en faciliter l’utilisation.
    • La possibilité d’exporter ses palettes au format CSS, PHP, Java, Python ou texte fait son apparition.
    • Enfin, les bord de claques deviennent magnétiques.

Bien entendu, toutes ces nouveautés ne sont pas des innovations, mais entrent dans un logique globale de mise à niveau. Grâce à toutes ces nouveautés, GIMP se rapproche donc sérieusement de son concurrent Photoshop®.
Cependant, de nombreuses fonctionnalités (dont nous avons parlé en introduction) lui manquent encore, tel que le support natif et efficace du CMJN, les effets de calques, le support complet d’images 16 bits, 24 bits ou 32 bits …

GIMP 3.0

Mais alors un GIMP au niveau de Photoshop®, c’est pour quand ?

De très sérieuses améliorations sont encore à venir avec la version 3.0 de GIMP, chiffre qui appelle – à l’instar de Gnome – à un véritable renouveau.
Les principales nouveautés ont déjà été annoncées :

  • Les styles de calque et Calques de réglage
  • Les modes CMJN, LAB, Duotone, Tons directs
  • Le 16 bits / couleur, formats HDR
  • Et enfin un révision en profondeur de l’interface graphique

Toutes ces améliorations n’arriveront pas avant au moins un an. Espérons alors que GIMP saura rattraper son retard et même dépasser le produit phare de la société Adobe® !

Mais ceci est un autre article …

Ubuntu 10.04 Lucid Lynx LTS

21/09/2009

Hier, Mark Shuttleworth a tranché lors de l’Atlanta Linux Fest. La version 10.04 d’Ubuntu – qui sera une version LTS (support à long terme) – aura pour nom de code Lucid Lynx !

Ubuntu 10.04 LTS Lucid Lynx (Lynx Lucide pour les anglophobes) est donc attendue pour avril 2010, avec GNOME 3.0 , KDE 4.4, GCC 4.5, le noyau Linux 2.6.34, un temps de démarrage réduit, le tout dernier serveur X, ainsi que beaucoup d’autres mises-à-jour et améliorations !